« La dame n°13″ de José Carlos Somoza

Ecrit le 13/01/2008 par manu ()

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Quand la poésie devient torture coeur3.png

Rulfo vit reclus depuis que sa fiancée est décédée quelques années plus tôt. Enseignant, spécialisé en poésie, il vivote sans emploi, se réfugiant dans le réconfort de l’alcool.
Cependant, depuis quelques temps, des cauchemars récurrents viennent troubler sa solitude et sa retraite volontaire. Il rêve d’une maison blanche à colonnes dans laquelle une femme a été horriblement torturée et dont la tête coupée lui demande de l’aide. Par hasard, il découvrira que ce meurtre a réellement été commis. En se rendant sur les lieux du crime, il fera connaissance avec Raquel qui, comme lui, a été attirée dans la demeure par une force qui la dépasse.
A partir de là, les deux jeunes gens seront entraînés sur la piste d’une secte composée de treize dames, qui, depuis la nuit des temps, inspirent les poètes de par le monde, de Virgile à Dante, en passant par Milton. Leur but n’est pas d’enrichir le monde de l’art mais bien d’exercer leur domination, par la création de « vers de pouvoir », qui, dans la bouche des dames, deviennent de véritables instruments de torture ou éléments de maîtrise des choses et des hommes.
Rulfo et Raquel, avec l’aide d’un vieux médecin décident de détruire les dames, dont les actes ne causent que souffrance, peur et misère partout où elles passent.

L’auteur nous plonge dans une ambiance que seuls les écrivains hispanophones savent distiller : remplie de mystère, de poésie, de brumes, d’énigmes, … Elle est d’une importance capitale pour le déroulement de l’histoire, tout comme les décors, qui sont très recherchés et décrits avec minutie. L’écriture de Somoza, tout en originalité, permet de nous transporter dans ces lieux, de les sentir comme si on se trouvait en compagnie des personnages et qu’on vivait leurs aventures. Cette écriture est d’ailleurs parfois un peu déroutante, notamment dans les libertés que le romancier prend avec la ponctuation ou la mise en page.

J’ai été époustouflée par ce livre. Je n’avais jamais rien lu de pareil. C’est magnifique et en même temps ce qu’il raconte est horrible. C’est difficile d’expliquer.
J’ai été séduite dès les premières pages même si la véritable magie n’opère réellement que passé la moitié du roman. J’ai alors été envoutée par le son des mots de l’écrivain cubain. Je me suis sentie comme tiraillée entre deux sentiments contradictoires : d’une part, lâcher le livre devenait impossible avant de découvrir le dénouement final ; d’autre part, lire ce roman d’une traite demande une énergie débordante tant l’histoire est riche en émotions, rebondissements et horreurs qui nous prennent aux tripes.

En conclusion, j’ai adoré. Somoza est doté d’une imagination créatrice incomparable et originale. Si je devais retenir un point négatif, j’évoquerais l’une ou l’autre pirouettes littéraires qui frôlent l’éxagération vers la fin du roman mais cela reste tellement anecdotique que cela ne gâche en rien le bonheur de la lecture.

J’ai été à ce point séduite, que à peine la dernière page finie, je me suis précipitée dans une librairie pour me procurer Clara et la pénombre.

Lu dans le cadre du Challenge 2008

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Il y a 5 commentaires sur ce billet

  1. Karine dit :

    Je l’ai dans ma PAL… en fait, il est dans mon challenge 2008 et je suis contente de voir un commentaire positif!

  2. sheherazade dit :

    tous les lecteurs se lancent apparemment dans le « challenge 2008″ … si seulement j’avais le courage de me lancer aussi :) ))

  3. manu dit :

    Bah moi je prends ce challenge comme une idée sympa pour faire diminuer ma PAL et tout à fait avec philosophie. Et je dois bien avouer que je ne me soucie pas trop de le finir ou pas lol. Il est possible qu’en cours de route, je n’ai plus envie de lire les livres choisis mais d’en lire d’autres mdr.

  4. Pauline dit :

    Je suis contente de voir une critique enthousiaste car j’ai l’intention de lire La clé de l’abîme qui vient de sortir. J’ai vu les éditions poche de Somoza et j’ai été très tentée. Notamment par celui ci.
    Je trouve aussi que derrière l’écriture hispanique, se trouve quelque chose d’unique et de fascinant.

  5. manu dit :

    Tout à fait, les écrivais hispaniques ont quelque chose de spécial qu’on ne trouve dans aucune autre littérature. J’espère que tu accrocheras à cet auteur !

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