« La formule préférée du professeur » de Yoko Ogawa
Base-ball, mathématiques et amitié
La narratrice travaille comme aide-ménagère dans une association qui l’envoie chez un client réputé difficile. Neuf employées ont déjà rendu leur tablier avant elle. Il faut dire que le vieux monsieur a une particularité peu banale : suite à un accident de voiture dans lequel il a reçu un choc cérébral, sa mémoire ne dure que 80 minutes. En conséquence, chaque matin, la jeune femme doit à nouveau se présenter à son employeur, qui ne la reconnaît pas. Peu à peu, grâce à un ingénieux système de fiches que le vieil homme accroche sur sa veste, une complicité se noue entre eux deux. Ancien mathématicien, il lui montre la magie des chiffres à partir de petites choses de la vie quotidienne : la pointure de ses chaussures, sa date de naissance et ainsi de suite. A ce duo, s’ajoute ensuite le fils de la jeune femme, que le vieil homme surnomme « Roots » (racine) car sa tête a la forme de la racine carrée. Ensemble, ils feront revivre la passion du scientifique pour le base-ball.
Yoko Ogawa signe une magnifique histoire d’amitié dans ce roman, vraiment atypique pour un lecteur occidental. C’est le deuxième récit de cet auteur que je lis et je suis à nouveau sous le charme de sa plume.
Comme dans Le Musée du Silence, il y a une dépersonnalisation des personnages : On ne connaît pas leur nom, ils sont toujours désigné par « le vieil homme », « la jeune femme », « le fils », … Mais cela ne rend pas la lecture confuse, tant l’écriture de la romancière est claire et fluide.
Yoko Ogawa se sert beaucoup des mathématiques et du base-ball dans ce roman, notamment pour le développement de la relation entre les trois personnages. Mes maths sont lointaines mais j’avoue que cela ne m’a pas du tout gêné, au contraire. Les formules employées et ce qu’elles évoquent sont magiques et belles ! Je ne pensais pas dire ça un jour ! Je suis de plus en plus confortée dans mon idée que les écrivains japonais, et asiatiques en général, ont une écriture réellement poétique. Ils font passer les sentiments de façon sensible et délicate, toujours à la limite de la métaphore.
Les personnages du fils et du professeur sont les plus développés et les plus originaux. Yoko Ogawa montre dans ce roman comment un jeune garçon un peu livré à lui-même, se prend d’affection pour ce vieil homme et prend ses responsabilités pour lui venir en aide dans son handicap et lui offrant un peu de joie et de bonheur. En retour, le vieil homme apporte aussi beaucoup au jeune garçon, privé d’un père et de grands-parents.
Merci Nanne pour le prêt de ce magnifique livre. Je vous conseille d’ailleurs d’aller lire son beau billet, très développé, et qui souligne notamment les valeurs de la société japonaise mises en évidence dans ce roman.
D’autres avis : Chatperlipopette , Chiffonnette et sans doute d’autres que je n’ai pas trouvé … (n’hésitez pas à donner le lien ! )


Ce livre fait déjà partie de ma liste des livres à lire, mais pour l’instant, j’ai tellement de retard que j’ai préféré ne pas m’inscrire, de toute façon, j’ai bien envie de découvrir, un jour ou l’autre, cet auteur !
Bonne journée Manu !
Pour être à peu près sure de le lire, je l’ai inscrit dans une liste de défi pour 2009.J’ai vu (en diagonale pour garder le plaisir de la découverte) que tu avais aimé. Chouette !
Oh, ton billet me donne envie de m’y plonger.Je n’ai jamais lu d’auteur japonais.
Florinette : le retard dans les livres à lire, je connais et pourtant, je continue d’emprunter
. Je te conseille vivement cet auteur, elle vaut le détour !
keisha : bonne idée, je pense que tu ne le regretteras pas
Lau(renceV) : la littérature japonaise est une merveille ! Yoko Ogawa est un bon auteur pour la découvrir ainsi que Haruki Murakami. J’espère que tu aimeras !
Coucou!! rien à voir avec ton message!! lol pour repondre a ta question neverwhere est dispo en poche car je l’ai dans la collection J’ai Lu tout comme De bons présages et Miroirs et Fumée et Stardust aussi. bisous
Je me souviens avoir noté Le Musée du Silence car l’auteur abordait des thèmes qui me sont chers. Celui-ci me plait autant, voire plus. Il faut dire que j’ai une attirance un peu étrange pour les mathématiques et les chiffres…
lael : oui, je sais qu’il a été dispo mais chez amazon, il est à présent indisponible
Cécile : ah alors, c’est pour toi !!! Cela dit, j’ai adoré ausi Le musée du silence ! J’aurais bien du mal à les départager !
Voilà enfin une occasion rêvée de me réconcilier avec Ogawa qui m’avait déçue jusqu’ici, non par son écriture, mais par ses thèmes grinçants, froids ou à tendance perverse. Merci donc, Manu!
Il est dans ma pile, celui-là… en plus j’aime bien les maths!!
Je suis heureuse de voir que ce livre de Yoko Ogawa t’a plu autant qu’à moi … C’est toujours un peu risqué de parler de mathématiques, mais là, on a vraiment envie de se replonger dans les nombres premiers avec plaisir, Manu ;-D
P.S. : dis-moi si d’autres livres te plaisent …
sybilline : oui celui-ci n’est ni froid, ni pervers ni grinçant !
Karine : il ne te reste plus qu’à le lire
Nanne : en effet, c’est bien plus gai qu’à l’école ! Encore merci ! N’hésite pas non plus à me dire si un livre te plaît chez moi !
Un bien beau billet mérité pour ce roman sensible et émouvant et…et…et….beau, quoi.
J’ai lu ce livre avec plaisir : peu d’action mais les petits moments du quotidien sont vécus intensément et la plume de l’auteur fait merveille pour en rendre compte.
BiblioMan(u) : merci
Brize : oui, un roman qui semble faire l’unanimité. Ce qui n’est pas le cas de ses autres livres apparemment !
Tssss, la liste s’allonge… mais tes billets font tellement envie !! ç_ç
C’est un des romans d’Ogawa que j’ai préféré! Je trouve ses personnages vraiment attachants!
je vais donc aller lire le billet de nanne, mais déjà le tien est très beau.
Andromède : merci ! Celui-ci en vaut réellement la peine, comme les autres d’ailleurs
chiffonnette : oui, ils sont très attachants tous les trois.
sheherazade : merci
J’avais vraiment beaucoup aimé. La veine tendre d’Ogawa me transporte littéralement!
Moi aussi, je découvre seulement son univers, mais j’aime beaucoup !