« Laissées-pour-compte » de Robert Bober
« Fallait-il qu’un corps les habite pour exister ? »
Chaque saison, dans l’atelier de Monsieur Albert, rue de Turenne, à Paris, c’est l’effervescence. Sous les doigts fébriles de chacun, une nouvelle collection naît, dans l’excitation et la joie. Les créations de Monsieur Albert, en ce début d’année 1949, seront baptisées par Madame Léa, chacune du nom d’une chanson à la mode. C’est un succès et les cartes postales envoyées par le représentant des quatre coins de France en attestent. Mais, comme à chaque fois, certains modèles plaisent moins et restent désespérément solitaires sur un portant dans l’atelier. Ils ne trouvent grâce aux yeux d’aucun commerçant et finissent par passer toute la saison là, à espérer eux aussi faire leur entrée dans le monde, à sortir de l’atelier de Monsieur Albert pour vivre la vie de la rue et surtout être porté par quelqu’un. Il s’agit de « Y’a pas de printemps », « Un monsieur attendait » et « Sans vous » .
Au travers des pensées et même des paroles que s’échangent nos trois « laissées-pour-compte », nous vivons et ressentons le vécu de ces vestes de leur confection jusqu’à leur entrée dans le monde, assez tardive. A travers elles, nous imaginons ce que c’est que d’être celles dont personne ne veut, de devoir découvrir le monde à partir de rien et surtout nous suivons la petite vie de l’atelier de Monsieur Albert.
Ensuite, lorsque la saison suivante arrivera et que la place sera nécessaire au sein de l’atelier, les vestes découvriront enfin la vie à l’extérieur. Mais je ne veux pas vous dévoiler l’intrigue. Cela dit, j’ai trouvé cette deuxième partie un peu moins réussie. Autant, la première est originale, vivante, tantôt émouvante, tantôt guillerette, porteuse d’un message sous-jacent. Autant, la deuxième partie s’essouffle légèrement. La parole n’est presque plus donnée aux vestes. Ce qui est, selon moi, réellement dommage vu que c’est ce qui crée le charme principal du roman. Le romancier se perd dans une direction qui m’a plutôt ennuyée (la thèse de Julia et la pièce de théâtre de Raphaël) J’aurais vraiment préféré qu’il poursuive son roman dans la même veine que le début. La fin, par contre, est excellente. J’ai adoré cette conclusion.
En résumé, un sympathique roman, original, frais et léger. C’est agréable et mignon. Je regrette seulement que Robert Bober n’ait pas davantage exploité son excellente idée de départ.
L’avis de Nanne, dont l’excellent billet m’avait donné envie de lire ce roman.


Oui, cela a l’ait fort original et joli ! Une découverte…!
C’est vrai que la 2ème partie était un peu décalée par rapport à la 1ère qui est vraiment très originale. Mais l’auteur a voulu continuer sur la vie de ces trois vestes après leur sortie de l’atelier. Je suis heureuse de savoir que ce petit livre t’a plu, Manu ;-D
Après Nanne et puis toi maintenant, ce petit livre va venir s’inscrire sur ma LAL !
ça a l’air très sympa, j’aime bien la couvreture. Je ne connais pas du tout cet auteur. Je le note! Merci!
Ca va me changer un peu de mes polars… Je note avec plaisir…
keisha : oui en effet !
Nanne : merci pour cette découverte.
Florinette : j’espère qu’il te plaira. C’est une lecture très touchante, je trouve.
LN : oui, la couverture est très belle. Elle m’avait aussi attirée.
Constance36 : eh bien, je ne pensais pas que ce petit livre attirerait autant
J’aime bien la couverture et c’est vrai que l’idée est originale. Ça promet d’être un petit moment de lecture agréable et sans prétention.
A te lire c’est vrai que celà à l’air original
encore un titre qui m’attire, ah la la quel drame ce site de lecture intéressant
Cécile : oui, c’est tout à fait ça ! Si tu le trouves à la biblio, prends-le !
noisette : oui, ce n’est pas banal comme intrigue
sheherazade : je te renvoie le compliment
je n’arrive pas à ta cheville, et je ne cherche guère à me minimiser, ni à chercher des compliments supplémentaires. Tes commentaires littéraires sont for-mi-da-bles, pleins de réflexions, bien étudiés.
tiens ce livre a l’air très original. Ma maman était couturière en plus…j’ai bien envie de me plonger dans ce monde. Je note…
très original effectivement et si la fin est excellente cela ne peut etre qu’un bon livre!!
sheherazade : tss tss tss mais merci (a)
Jumy : si tu as envie de te plonger dans ce monde, tu seras servie. Par contre, je ne sais pas si c’est réaliste !
lael : très plaisant !