“Le cadavre du métropolitain” de Lee Jackson
Soporifique !
Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé dans la dernière voiture du métropolitain à la station de Baker Street. Un jeune homme, resté sur les lieux pour tenter de la réveiller, et qui a pris la fuite en abandonnant sur place son chapeau et un carnet de notes, est le principal suspect de Decimus Webb. Cet inspecteur dépêché sur les lieux est un drôle de bougre. Se déplaçant sur un vélo avec une petite roue à l’arrière et une énorme à l’avant, il est l’objet des moqueries de ses collègues. Il faut dire que sa méthode semble des plus décousues et qu’il a un caractère assez ironique. Son enquête le mène rapidement au foyer Holborn pour femmes repenties, dirigé par Mrs Sparrow, où vivait la victime …
Ce que je peux dire, c’est que ce prétendu polar victorien (dixit le bordereau entourant le livre) ne m’a pas passionné. Moi qui adore les polars et la période victorienne, je me suis précipitée sur ce livre et je l’ai bien regretté. Je l’ai traîné plus d’une semaine, alors qu’il ne comptait que 270 malheureuses pages. L’enquête est pratiquement inexistante et à part dans le premier chapitre, on ne parle pratiquement plus de la victime avant la fin. Lee Jackson s’attache à raconter l’histoire de Clara White, jeune femme, domestique chez le Dr Harris, administrateur du foyer Holborn, de sa mère Agnès White, qui partageait sa chambre avec la victime dans ce même foyer et de Lizzie, sa sœur, qui vit une vie de débauchée avec son mari Tom, pour qui elle se prostitue. Et avant le dénouement, le lecteur ne comprend pas quel est le lien entre l’enquête et l’histoire de ces trois femmes.
Au milieu de tout cela, on croise Henry Cotton, le jeune homme qui a pris la fuite au début dans le métropolitain et qui est un aristocrate qui veut se mêler aux milieux marginaux pour effectuer une sorte de travail journalistique. Lui seul reste un personnage un peu mystérieux, mais pas suffisamment pour éveiller ma curiosité.
Bref, je me suis ennuyée tout au long de ma lecture. Je m’attendais à lire un roman policier avec une enquête digne de ce nom et je me suis retrouvée avec un roman sans véritable contenu, qui sautait sans cesse du coq à l’âne et dans lequel je n’ai jamais vraiment compris quel était le but recherché. Le style lui-même n’est pas très élaboré. La fin m’a cependant quand même paru un peu plus digne d’intérêt et créé une petite surprise. Elle permet de comprendre pourquoi le roman s’est attaché à ces personnages aussi longtemps mais cela ne rattrape pas l’ennui passé. Plusieurs tomes sont parus depuis dans cette série mais je m’arrêterai là.
Si quelqu’un souhaite lire un livre sur les liens entre les milieux de la prostitution et le beau monde à l’époque victorienne, je conseillerais plutôt « La rose pourpre et le lys » de Michel Faber qui est un chef d’œuvre du genre. Et les fans de polars victoriens devront se contenter de Anne Perry, on n’a encore rien fait de mieux en la matière jusqu’à présent.



Ben, il t’aura pas captivé ce polar victorien! C’est rare pourtant que tu n’aime pas un bouquin…
Comme j’ai tendance à aimer les polars victoriens, j’aurais sans doute sauté sur celui-ci si je l’avais croisé avant de lire ton billet. Je vais donc passer mon tour! Ma LAL te remercie!
Mais de rien Karine
, cela dit, il se peut qu’il te plaise, j’ai lu des avis positifs à droite et à gauche, sur amazon notamment. C’est vrai que j’ai été un peu sévère mais j’ai eu de grandes difficultés à le terminer.
As-tu essayé les deux romans de Fabrice Bourland sortis au début de l’année chez 10/18 . Ils devraient te plaire.
Voilà il va aller rejoindre Le sang de la Mariée au rayon “Déceptions”.
Ys : je ne les ai pas encore mais je les avais déjà noté !
Cécile : oui, nous n’avons pas de chance avec les polars en ce moment !
Je ne suis pas trop polar et vu ce que tu en dis je ne risque pas de le lire
J’ai peur d’avoir été sévère
. Cela dit, je pense ce que j’ai écrit mais d’autres lecteurs aimeront peut-être …
Je n’ai pas le même avis, les goûts et les couleurs…:) Je suis d’accord sur le fait que ce n’est pas l’intrigue le point fort de Lee Jackson, mais j’aime beaucoup l’ambiance de ses romans et les personnages. L’inspecteur est assez transparent mais cela fait ressortir les autres à mon avis. Tout ça est totalement subjectif mais comme j’ai eu un gros coup de cœur l’an dernier en le découvrant…;) Sinon en polars anglais (du 18e cette fois), je viens de commander un livre de Lake, “l’apothicaire de Londres”. On verra bien ce que ça vaut.
Je suis contente que tu viennes tempérer mon avis négatif. Ca donne un autre regard sur ce livre, sur lequel je me rends compte que j’ai été très sévère. Peut-être parce que je le compare à des livres comme “La rose pourpre et le lys” ou les romans de Sarah Waters que j’ai adoré.
Merci pour ton commentaire Lou
Je n’ai pas lu celui-ci mais je viens de terminer un excellent roman victorien avec Oscar Wilde en détective (rien que ça !), vraiment intéressant sous plusieurs aspects. Et on ne peut que succomber aux charmes de l’époque…Ah, j’allais oublier le titre : “Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles” de Gyles Brandreth (collection 10-18, format semi-poche)…Bonne lecture !
J’ai déjà lu de bonnes critiques sur ce livre. Tu me tentes !
C’est vrai que Oscar Wilde en détective c’est tentant.
Et hop, un de plus sur la liste
Je suis contente de trouver quelqu’un qui partage mon avis sur ce livre. Je ne suis pas une grande amatrice de polars,donc mes exigences ne sont pas énormes, mais ce livre ne m’avait pas convaincue du tout.
Moi aussi, je suis contente de voir que je ne suis pas la seule à ne pas avoir apprécié !