“Le chat” de Simenon
La descente aux enfers d’un couple
Simenon est maître dans l’art du roman psychologique. Il raconte ici la déchéance d’un couple de personnes agées suite au décès du chat.
Emile et Marguerite, veufs tous les deux, se sont unis en secondes noces, plus pour meubler leur solitude que par amour ou même par attirance. Mais dès le début de leur mariage, les désaccords se succèdent et les différences se marquent: Emile est un ouvrier rustre, qui aime boire un verre au café et fumer des cigares nauséabonds; Marguerite, fille du fondateur de la biscuiterie Doise, est une femme honorable et distinguée. Mais le principal problème réside dans la présence du chat d’Emile, que Marguerite craint par dessous tout.
Lors d’un sejour forcé d’Emile au lit pour une grippe, le chat décède dans des circonstances pour les plus mystèrieuses. Immédiatement, le vieil homme soupçonne sa femme d’être à l’origine du “meurtre”. Il se venge alors sur son perroquet. Commence alors une véritable guerre entre les deux époux qui décident de ne plus s’adresser la parole mais de communiquer par messages. Celui qui reviendra le plus souvent de la part d’Emile est : “le Chat” pour rappeller à sa femme sa culpabilité. Ils vivent désormais en parfaits étrangers, chacun faisant ses courses, son ménage et ses repas (soigneusement mis sous clé pour éviter tout empoisonnement). Leur mariage constitue une véritable prison qu’ils ne peuvent rompre, en bons chrétiens qu’ils sont.
Simenon excelle pour décrire le mécanisme mental qui pousse ces deux êtres à une haine sans retour et qui pourtant, on le découvre au fil du roman, ne pourraient vivre l’un sans l’autre, emprisonnés dans cette mécanique devenue vitale : “Ni l’un ni l’autre n’avait le droit de désarmer. C’était devenu leur vie. Il leur était aussi naturel, aussi nécessaire, de s’envoyer des billets venimeux, qu’à d’autres échanger des politesses ou des baisers”.
Lu en février 2003




L’enfer du mariage par Simenon, un homme qui savait de quoi il parlait, ayant usé 4 femmes et un nombre invraisemblable de maîtresses qu’il imposait parfois dans son foyer.
Pauvre chat, en tout cas! Lui, n’avais rien fait :’(