“Le chevalier vert” de Iris Murdoch

Virtuosité britannique
Iris Murdoch, née en Irlande en 1909 a vécu en Angleterre, enseignant la philosophie à Oxford. C’est peut-être ce qui rend son oeuvre si anglaise. Dame Iris (elle a en effet reçu ce titre de la reine) s’est éteinte en 1999, faisant du “Chevalier Vert” son dernier roman. Elle est également connue pour ses nombreux essais, articles et pièces de théâtre.
“Le Chevalier Vert” clôt donc l’œuvre foisonnante de Iris Murdoch. Et de quelle manière! Ce pavé de 736 pages est une pure merveille. A travers le destin d’un groupe d’amis liés les uns aux autres et pourtant si solitaires, elle dresse un portrait de l’Angleterre, elle s’interroge sur le sens de la vie, sur la lutte du bien et du mal dans la société tout en parsemant quelques réflexions philosophiques. Elle écrit un roman sérieux qu’elle réussit également à rendre léger et divertissant en y évoquant les aléas de la vie subtilement mêlés aux petits riens du quotidien. Et tout cela sous une sauce britannique jubilatoire : universités prestigieuses, vieux tweed et grands principes sont de rigueur dans un Londres pluvieux et brumeux.
Dès le début, on se retrouve plongé dans un drame : Lucas, le sévère professeur d’histoire a accidentellement tué un homme qu’il prenait pour un voleur en lui assénant un coup de parapluie. Cet événement bouleverse les proches de Lucas, les personnages du roman : Clément, le frère de Lucas, brillant acteur à qui la vie semble sourire mais qui vit sous la cruelle domination de son aîné; Louise, mère de trois adolescentes : Aleph, beauté éblouissante, Sefton, la brillante intellectuelle et Moy, l’artiste, trois adolescentes dont le destin sera modifié par le drame; Joan, belle alcoolique et son fils Harvey; Bellamy, qui a décidé de se retirer du monde et de vivre reclus chez les moines et Tessa, célibataire militante qui vient en aide aux femmes battues.
Tout ce petit monde s’inquiète pour le pauvre Lucas, qui sans doute désespéré par son “crime”, a disparu. Jusqu’au jour où Peter Mir, sa victime, réapparaît, armé de son parapluie vert, tel le chevalier vert d’une vieille légende médiévale et va modifier la destinée de chacun. Décidé à réclamer justice, il affirme au petit cercle d’amis qu’il a été frappé par Lucas en voulant protéger Clément que son frère tentait d’assassiner. Bien que septique, le petit groupe accueillera ce curieux personnage, charmé par sa verve et sa bonté.
J’ai adoré ce roman foisonnant et baroque, dans lequel se succèdent les événements rocambolesques. Il souffre parfois de certaines longueurs mais que les coups de théâtres font rapidement oublier. Ce roman regorge de qualités mais si je devais lui trouver un défaut, ce serait peut-être l’excès de romantisme en fin d’ouvrage. Peut-être la dame, en bonne compatriote (enfin presque, vu qu’elle est née à Dublin) de Barbara Cartland, souffre d’un penchant pour les mariages et les histoires d’amours de dernière minute.
Lu en septembre 2004.



L’atmosphère “Anglaise” qui t’est si chère
Pas du tout mon style de bouquin vraisemblablement, mais ta chronique donne vraiment envie de le lire.
Hmmmm… 736 pages, c’est beaucoup de pages, ça! Mais ce que tu en dis me tente tout de même… Une histoire du genre au milieu d’un cercle d’amis ne peut qu’être intéressante!
Encore un titre (et une auteure) à découvrir.
En général, je suis assez attirée par tout ce qui est anglais (culture, musique, mode…) alors allons-y !!!
Oui, ici c’est très anglais ! Mais très vieille Angleterre ! Pas du tout l’Angleterre moderne. Mais moi, j’adore ça !
J’ai lu aussi “La mer, la mer” de cet auteur et j’avais également adoré. Il faudra que je mette le commentaire en ligne un de ces jours !
Par contre, qu’est-ce que la couverture est moche !
Euh tu parles de celle-là de couverture ? Parce que moi j’osais pas le dire mais voilà : je la trouve très moche !
Oui oui, je parlais bien de cette couverture !!
et hop ! un de plus sur la liste …

Bonjour,
Je suis en train de lire “Elégie pour Iris” de J. Bayley et j’avais lu, il y a bien dix ans, “La mer, la mer” de Murdoch et je l’avais adoré. Du coup, je pioche sur le web quelques commentaires d’autres lecteurs. Le votre est alléchant. Toutefois, je me permets de vous signaler que “Le chevalier vert” n’est pas son dernier roman; il s’agit de “Le dilemne de Jackson”.
Bonjour lewerentz
J’avais également adoré “La mer, la mer”. Merci pour votre précision quant à son dernier roman. Il semble donc que mes infos n’étaient pas à jour
Bonjour Manu,
J’ai parcouru un peu plus votre blog et ajouté à mes favoris pour y revenir régulièrement, car j’ai l’impression que l’on a un peu les mêmes goûts, en tout cas sur les auteurs anglais !
Bonnes lectures
Merci lewerentz,
J’espère que vous trouverez votre bonheur ici. Même si j’avoue avoir un peu délaissé les auteurs anglais ces derniers temps, ils restent mes favoris.
Bonne soirée