Le journal de Hélène Berr
Petite fille, j’ai dévoré le journal d’Anne Frank, que j’ai d’ailleurs relu plusieurs fois. Et à chaque fois, l’émotion et l’indignation ont été au rendez-vous face au destin de cette petite fille. Quand j’ai appris la parution du journal d’Hélène Berr, il y a quelques années, j’avais été sceptique. Mais lorsque ma collègue m’a proposé de me le prêter, j’ai bien évidemment accepté.
Après cette lecture, je comprends mieux les difficultés rencontrées récemment par certaines lectrices à la lecture d’Anne Frank. Le journal d’Hélène Berr (tout comme celui d’Anne Frank je suppose) ne se lit pas vraiment d’une manière fluide. Les premières pages ne sont pas évidentes à surmonter, car la jeune femme fait référence à énormément de personnes que le lecteur ne parvient pas identifier. C’est normal, un journal n’est pas un roman et Hélène Berr ne l’écrit pas dans le but d’être publiée. Son but est de se souvenir, une fois le conflit terminé, de toutes les atrocités qu’elle voit, qu’elle entend. Elle ne veut surtout rien oublier ! C’est douloureux de lire ça, avec notre connaissance, en sachant pertinemment qu’elle ne survivra pas à la guerre.
Une autre difficulté dans la lecture de ce journal est le caractère succinct de certaines de ses interventions. Parfois, elle se contente de citer un nom pour évoquer sa journée ou son après-midi. Ou encore, elle évoque de terribles événements qui se sont produits et qui ont tout changé dans leurs vies mais on ignore quels sont ces événements.
Mais à côté de ces quelques inconvénients, une fois qu’on situe les proches d’Hélène et qu’on est habitué à sa façon de tenir son journal, on est happé par son quotidien dans le Paris occupé. On vit avec elle les différentes mesures qui sont peu à peu imposées aux juifs, la façon dont les Français réagissent mais aussi ses amis à la Sorbonne. Comment peut-on réagir quand un de vos proches amis vous dit que les Allemands vont gagner la guerre mais que ce n’est pas grave, car rien ne changera vraiment. Ou qu’une dame vous affirme froidement que de toutes façons, il y a trop de juifs en France !!!
Au fur et à mesure que les mois passent, Hélène voit ses amis et ses proches être déportés en masse. Sa façon de réagir est émouvante, surtout quand son père sera emprisonné à Drancy. Ce qui est frappant, c’est son absence de haine pendant très longtemps, il lui faudra aller très loin dans l’horreur avant de ressentir une véritable colère haineuse envers les Allemands.
Dans la deuxième partie du journal, son ton change, elle a peur, elle sent l’inéluctable se rapprocher et son journal se transforme en un témoignage à destination de l’homme qu’elle aime Jean Morawiecki. Pour qu’il sache qu’elle a toujours pensé à lui et comment se sont passé toutes ces journées d’espoir et de désespoir.
Ce journal est un véritable témoignage indispensable, riche d’enseignement. A l’image de celui d’Anne Frank aux Pays-Bas, il témoigne de la condition des juifs dans la France occupée. Anne Frank était une petite fille qui vivait cachée. Hélène Berr, elle, est une jeune femme, étudiante d’anglais, qui peut aller et venir et voir ce que les Allemands et le gouvernement de Vichy font subir aux juifs. De l’étoile jaune jusqu’à l’interdiction de sortir le soir ou de fréquenter les magasins, rien ne leur est épargné. Ce qui est hallucinant, ce sont les œillères portées par certains autochtones, qui ne veulent pas se rendre compte de la gravité des persécutions. Hélène, blessée, exprime très bien combien elle n’avait même plus le courage d’essayer de leur expliquer que ce n’est pas facile pour eux. Ce qui est frappant dans ce journal aussi, c’est la pertinence et l’intelligence des réflexions de la jeune femme, notamment sur la religion, les races ou la politique. Elle ne se laisse jamais aveugler par la rage ou la colère mais continue à penser de manière critique et indépendante. Une véritable leçon pour beaucoup.


Je ne sais pas si je lirai ce livre, même s’il a l’air très bien. Tout simplement car je ne suis pas très fan des journaux intimes de pendant la guerre. J’avais apprécié le journal d’Anne Franck, mais je ne me sens pas de retenter l’expérience.
Je me dis que je vais le lire depuis un bon moment, celui-là. J’avais beaucoup aimé le journal d’Anne Frank quand j’étais petite mais un peu moins sa relecture, exactement pour les raisons que tu cites… Mais bon, n’empêche que je vais finir par le lire.
Je ne sais pas non si je le lirai. Je n’aime pas trop le genre du journal intime.
Je l’ai feuilleté à la bibliothèque et j’ai été tentée de le prendre puis j’ai renoncé mais sans doute pas définitivement!
Dans la LAL depuis un moment… Jamais eu le courage de le faire passer dans la PAL.
A noter pour le boulot !
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Un très bel ouvrage c’est sûr mais je préfère passer. Je ne suis pas trop journal intime mais ce qui me bloque surtout c’est ce qu’il y a dedans. Il faut pouvoir supporter ce genre d’ouvrage et le témoignage poignant qui en ressort.
j’en garde un souvenir assez lointain, mais il reste un document presque indispensable
Je le lirai un jour c’est sûr, ce sont des témoignages trop importants. Celui qui m’a le plus touchée dans le genre reste « une vie bouleversée » d’Etty Hillesum.
Excellent témoignage en effet, d’autant que l’auteure a une belle plume et fait preuve d’une grande maturité. C’est réfléchi et bouleversant. A lire!
Je crois que j’ai eu mon compte de journaux intimes pendant la guerre avec Anne Frank, pourtant très beau.
Ankya : ils sont très différents. Mais c’est vrai que ce ne sont jamais des lectures faciles. Rien que parce qu’ils sont véridiques.
Karine
: surtout que ces inconvénients s’effacent assez vite.
Stephie : ce n’est pas trop gênant comme forme, je trouve, quand il est réel. Quand c’est une fiction, je n’aime pas non plus.
Mango : je te le conseille !
Theoma : je pense que tu ne le regretterais pas
Leiloona : ah bon, et pas par intérêt ?
belledenuit : je comprends mais il n’y a pas de détails vraiment durs décrits, c’est plutôt ce qui est implicite qui est dur.
amanda : tout à fait, j’ai ajouté un lien vers ton billet. Je me suis rendue compte que j’avais oublié.
Aifelle : je ne connaissais pas ce titre. Je l’ai noté pour plus tard.
Nicolas : bienvenue. Tout à fait d’accord avec toi.
Ys : dommage, celui-ci est différent et vaut aussi la peine.
Je crois que j’ai vu l’original du journal dans un musée parisien, et je le lirai probablement (il faut que je regarde à la bibli), d’autant que je ne suis pas spécialement rebutée par la forme du journal (je me rappelle d’une émission vue il y a longtemps sur 4 diaristes qui m’avait vraiment marquée, c’est une forme d’écriture assez fascinante).
Je pense en effet que l’original est dans un musée parisien ! Ca doit faire de l’effet, tout comme celui d’Anne Frank, la visite de la maison à Amsterdam m’a donné beaucoup d’émotions !
J’en ai entendu parler récemment par une connaissance de ce journal au moment où je lisais Anne Frank. Je suis tentée de le lire aussi évidemment car tout témoignage de l’époque est à lire ne serait-ce que pour garder en mémoire ce que l’Homme est capable de faire à cause de la Haine. Sans oublier que tous ces massacres auraient pu être évités! C’est ça le plus terrible. A lire donc aussi difficile soit la lecture.
J’aime beaucoup les journaux intimes et je m’intéresse également à la seconde guerre mondiale. Je pense que je vais le lire. Pas dans l’immédiat, car ma PAL est déjà bien fournie, mais je le lirai!
Comme Aifelle, j’ai beaucoup aimé Etty Hillesum et Anne Frank bien sûr. Je ne connaissais pas ce titre, je note, je suis toujours très intéressée par ce sujet.
Ce livre a été une révélation pour moi. Nous savons et elle ne sait pas..
Je ne vais pas redire ce que j’ai déjà écrit, mais je recommande chaudement cette lecture!!!
Thalia : lecture difficile, surtout par ce qui est implicite. Mais je te le conseille vivement, surtout si tu as été touchée par Anne Frank.
Pimprenelle : en effet, si tout cela t’intéresse, il n’y a pas à hésiter, c’est un document d’une grande valeur historique
freude : moi, c’est Etty Hillesum que je ne connaissais pas !
alain : oui, c’est terrible de se dire ça !
keisha : tout à fait !
Je l’ai prévu, mais pas pour l’été ! C’est une œuvre indispensable pour se souvenir et réfléchir à certains comportements. Le pire de tout, c’est que je n’ai jamais pu terminer la lecture du journal d’Anne Franck, commencé des dizaines de fois !
Pas sure d’avoir envie de lire ce journal. J’ai lu de nombreuses fois le journal d’Anne Franck mais il y a eu un moment où je n’ai plus pu… Je ne me mets pas d’oeillères mais là, j’ai un peu peur des émotions que cette lecture pourrait provoquer…
nanne : ah bon, et qu’est-ce qui t’a déplu dans cette lecture ? Peut-être que celui-ci écrit par une jeune femme plus âgée te paraîtra moins ardu.
restling : je comprends mais je t’assure qu’il n’y a aucun pathos malgré tout.
Ca promet un moment bouleversant de lecture.
Je le note.
Oui, c’est très prenant et émouvant !
Lecture d’avant blog qui m’avait beaucoup intéressée, davantage, d’ailleurs, dans sa seconde partie, qu’elle rédige après plusieurs mois d’interruption et où les réflexions sur ce qui l’entoure occupent une place de plus en plus importante.
C’est vrai que c’est même davantage intéressant que le journal d’Anne Frank pour le côté réflexions d’une jeune juive sous l’occupation.