« Le tapis du Roi Salomon » de Ruth Rendell

Dans les dédales du « Tube »
Dans la mythologie perse, le tapis du Roi Salomon permettait de prendre tous les gens de la terre et de les déposer n’importe où dans le monde. Ruth Rendell, par la bouche de Jarvis, un des nombreux protagonistes de ce roman, compare le métro londonien à ce tapis mythique et en fait le personnage principal de ce récit psychologique.
J’ai beaucoup aimé ce roman, même si j’ai été clairement déboussolée pendant une bonne partie et n’y ai pas trouvé ce à quoi je m’attendais en entamant ma lecture. Je tiens tout d’abord à remercier Cécile qui me l’a offert dans le cadre du London Swap. Grande fan, elle tenait à toute fin à me faire découvrir cette romancière, dont elle m’avait souvent vanté les mérites. C’est chose faite !
Le tapis du roi Salomon n’est pas facile à résumer tant il met en scène de nombreux personnages, mais ce qui les rapproche est le fait qu’ils gravitent principalement autour de deux pôles : le métro et l’Ecole, grande maison située à New Hampstead. Ancien établissement scolaire appartenant désormais à Jarvis et dont il loue les différents locaux à des prix dérisoires afin de subvenir à ses besoins et de pouvoir nourrir sa passion pour le métro : écrire un livre relatant son histoire et visiter les métros du monde entier. A l’école, vivent aussi Tina, sa cousine, et ses deux enfants Jasper et Bienvida ; Tom, un flûtiste, qui a vu sa carrière brisée et qui survit en jouant dans le métro, avec Peter et Jay, un couple homosexuel, également locataires de l’Ecole et enfin, Jed, une sorte de vigile du métro qui vient en aide aux personnes en détresse qui vit aussi là en compagnie de son faucon, Abélard.
Tout ce petit monde sera rapidement rejoint par Alice, une jeune femme qui a abandonné son bébé et son mari, avec lesquels elle étouffait et qui rêve de vivre de sa musique. Elle rencontre Tom dans le métro et se met à jouer en sa compagnie.
Axel Jonas, un sombre et ténébreux jeune homme, qui écume les rames avec son ami déguisé en ours, va bientôt venir semer le trouble dans ce petit groupe. Et au milieu de ces âmes perdues vont se nouer intrigues et drames.
En commençant ma lecture, je pensais avoir affaire à un roman policier anglais de facture classique. J’ai donc été de plus en plus déroutée au fur et à mesure de ma lecture car aucun meurtre ne se produisait. J’avais même l’impression qu’il ne se passait pas grand chose. Ce qui n’est pas pour me déplaire. Malgré tout, la tension montait, les intrigues entre les personnages se nouaient, les sentiments s’exacerbaient mais toujours pas de crime ! En fait, Ruth Rendell est la spécialiste du suspense psychologique. Une fois cela compris, j’ai complètement profité de l’ambiance 100% londonienne. Et pour ça, j’ai été servie. Moi qui suis allée plus de 10 fois dans la capitale anglaise et qui ne me déplaçait qu’en métro, j’ai été complètement plongée dans l’ambiance des souterrains, des rames, des quais et des heures de pointe du « tube ». En plus, Ruth Rendell émaille son roman de nombreuses anecdotes véridiques sur des événements qui se sont produits dans le métro ou des faits historiques qui ont illustré sa construction. C’était passionnant.
Les personnages sont minutieusement développés. La psychologie de chacun est fouillée et décrite dans les moindres détails. C’est ce qui fait la force des romans de la Britannique. Elle s’attache à montrer comment la séduction et la manipulation peuvent se mélanger en un seul être et mener certaines personnes à commettre des actes, qu’elles n’auraient jamais commis si elles n’étaient sous l’emprise d’une sorte d’ »attrait maléfique ». Au fur et à mesure du récit, on sent que chacun s’achemine vers un point de rupture, qu’ils prennent des décisions qui mèneront à un dénouement inéluctable, mais qu’on n’arrive pas à cerner, faisant monter une tension, qui ne trouvera son apaisement qu’après la surprise que nous aura infligée Ruth rendell et qui nous aura coupé le souffle !
Une belle découverte ! Cécile m’a pourtant affirmé que c’était loin d’être son meilleur. Je m’attends donc à d’autres bonnes lectures avec cette romancière !
Encore un tout grand merci à Cécile !

Je n’aurais jamais été tentée par cette auteure… mais avec ce que tu en dis, on dirait que je le suis de plus en plus!!! arghhhh duuuur la vie de LCA!
Il devrait bien me plaire ce livre si londonien, mais quand même, un roman policier sans enquête ni meurtre, je m’interroge…
Karine
: eh bien, sans Cécile, j’hésitais beaucoup à la lire aussi! Cela dit, il semble qu’il y ait de biens meilleurs titres encore ! Et elle en a écrit des centaines !!!!
Ys : en fait, c’est plutôt un thriller psychologique. Puis, sans trop vouloir en dire, il y a finalement un meurtre … Mais pas d’enquête, non. Si je l’ai classé dans policier anglais, c’est parce que je ne savais pas trop dans quelle catégorie le classer. J’aurais peut-être dû en créer une nouvelle exprès.
Comme Karine
, je ne me suis pas encore lancée dans cette oeuvre foisonnante.
La difficulté avec les auteurs prolifiques étant : Comment choisir?
Mais si tu le conseilles vraiment…
J’ai déjà vu de nombreux bouquins d’elle, mais je n’en ait lu aucun. A voir ton billet, il a l’air passionnant. Au fil de ton article, j’ai pensé à Hitchcock. Ce doit être rigolo de lire ce livre là en prenant le métro.
Ce qui est terrible c’est que lorsque les internauts parlent si bien de livres ou de films qu’ils aiment, celà nous donne envie de les découvrir également, ahlalala dur choix
Bisous chère chaplum un amical bonjour à ton homme et des gratouilles entre les oreilles au charmant chat lui!(je pense au chat qui nous envahit régulièrement à la maison et qui est loin d’être sympa). A bientôt
Chouette chouette chouette !!!!
Je suis contente qu’il t’ait plu !
C’est vrai que Ruth Rendell est très prolifique mais comme j’ai commencé à la lire très jeune (12-13 ans je crois), je n’ai pas eu de sensation de trop-plein.
Cela dit, j’ai toujours beaucoup de mal à me souvenir des titres de livres alors il va falloir que je repasse tout ça en revue pour te dire quels titres j’ai vraiment adorés. De mémoire, il y a déjà Le Journal d’Asta et Crime par ascendant.
En fait, je la préfère dans les romans « psychologiques » que dans les romans policiers (même si je les aime beaucoup aussi).
Ruth rendell, j’en ai lu plusieurs, l’été de trapellune et le journal d’asta, et même en deuxième lecture, j’ai marché et suis tombée dans le panneau.
En revanche meurtre par ascendant m’a rapidement ennuyée car j’avais compris l’histoire !
sybilline : je n’en ai lu qu’un, donc je ne sais pas lequel conseiller ! Cécile est la spécialiste
Noisette : en effet, ma liste d’envies cadeaux ne cesse de grandir et ceux que tu m’as conseillé sont en bonne position
Cécile : je note ces titres mais j’aimerais aussi découvrir ses romans policiers.
keisha : bon, le journal d’asta semble faire l’unanimité !
Keisha : moi je ne vois jamais venir la fin des livres, c’est terrible, je suis toujours surprise !!! C’est pour ça que j’ai bien aimé Crime par ascendant.
j’ai lu pas mal de livres de ruth rendell, il y a la série avec l’inspecteur Wexford qui est excellente, mais il y a aussi ses autres livres que je trouve souvent très déstabilisants. Elle est une romancière hors normes, où le mal l’emporte pratiquement toujours.
je ne connaissais pas ce titre-ci, mais j’aime beaucoup la manière dont tu en parles.
Mmmm ambiance 100% londonienne, c’est très tentant surtout qu’en plus ça me ferait découvrir une auteure que je ne connais pas encore !
sheherazade : merci
, j’aimerais bien découvrir la série avec l’inspecteur Wexford.
Florinette : je suis rassurée de voir que je ne suis pas la seule qui n’avais jamais lu de livres de Ruth Rendell
Eh bien, si c’est loin d’être son meilleur, que doivent être les autres !^^ L’ambiance me plaît bien, et ton commentaire donne l’eau à la bouche ! je le note pour quand j’aurais le temps, pour changer XD
Ce n’est pas moi qui l’ait dit, c’est le premier que je lis
Ruth Rendell, j’adore ! Elle nous pond de ces trucs tordus et qui font froid dans le dos, car ses personnages pourraient très bien être nos voisins… Brr !
Je n’en ai pas encore lu d’autres mais j’ai bien l’intention d’y remédier !