« Le tour de la bouée » de Andrea Camilleri

Ecrit le 22/09/2008 par manu ()

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Un polar trop couleur locale

Montalbano, dégoûté par l’attitude de ses collègues lors du sommet du G8 et désabusé par la politique en cours en Sicile et l’impuissance manifeste de la police, est bien décidé à remettre à sa démission au « Questeur ». Mais lorsqu’il se trouve nez à nez avec un cadavre lors de sa baignade matinale dans la mer, sa décision est remise à plus tard.
Elle sera encore reportée à cause d’un petit immigré dont le destin va le bouleverser. Rencontré à sa descente du bateau qui l’amenait d’Afrique en Sicile, Montalbano apprend quelques jours plus tard que le petit garçon a été renversé par une voiture, vraisemblablement de manière volontaire. Bien que toujours décidé à quitter la police, Montalbano a à cœur de retrouver le meurtrier du petit africain, de la mort duquel il se sent responsable.

Mon sentiment à l’égard de ce roman est mitigé. Bien qu’il soit court et l’histoire plausible et bien ficelée, j’ai mis plus d’une semaine à en venir à bout.

Parlons d’abord du positif. Comme je viens de le dire, l’intrigue tient la route et est originale. Elle repose sur une triste réalité, qui est malheureusement d’actualité : le trafic des enfants immigrés. De plus, ce sujet n’est pratiquement jamais abordé dans la littérature. Le récit est bien construit et le dénouement n’est pas trop prévisible même si la trame est assez classique : deux histoires parallèles, qui au départ n’ont rien à voir entre elles, et qui finalement sont liées.
Les personnages sont hauts en couleurs avec des personnalités bien dessinées, même si parfois je confondais les noms des personnes avec le nom des patelins.

Pour le négatif, et c’est ce qui a définitivement gâché ma lecture et m’a empêché d’apprécier le roman à sa juste mesure, c’est le langage utilisé par l’auteur et que le traducteur a essayé de restituer en français sans en trahir le style. Il l’explique d’ailleurs en introduction. Ca donne un style auquel il est difficile de s’habituer et qui alourdit la lecture, que ce soit au niveau des tournures de phrases, des mots transformés (vras à la place de bras, vouche pour bouche, … ) ou des mots ou phrases en sicilien. Il faut en effet savoir que Camilleri a inventé sa propre langue dans ses romans, qu’il emploie ses propres mots, utilisele sicilien, … pour le plus grand plaisir de ses lecteurs italiens. Cela a du être une grande difficulté pour le traducteur français. Mais je ne sais pas s’il a choisi la bonne option. En tout cas, personnellement, je ne poursuivrai pas l’exploration de l’œuvre de cet écrivain malgré la qualité de ses intrigues. Pourtant le contexte politique et la découverte du fonctionnement en Sicile était intéressant. Dommage !

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Il y a 10 commentaires sur ce billet

  1. Karine :) dit :

    Un langage inventé traduit… ça doit effectivement donner un résultat assez fucké merci!!! Bref, je passe!

  2. keisha dit :

    Dommage en effet, car les livres de Camilleri ont une ambiance intéressante et originale. Peut être que dans les livres que j’ai lus, il y avait surtout des tournures de phrase et moins de mots « inventés » et cela gênait moins.

  3. manu dit :

    Karine :) : beaucoup de lecteurs sont cependant charmés par l’originalité de l’écriture de Camilleri mais moi j’ai du mal !

    keisha : je pense que cela dépend du lecteur. certains ne sont pas du tout gênés par la « langue » de l’auteur.

  4. Cécile dit :

    Je vais passer mon tour cette fois moi aussi (ça change ;-) )

  5. manu dit :

    Cécile : pas de soucis :-)

  6. sheherazade dit :

    le gros inconvénient pour la traduction est que dans l’original, Camillieri utilise le dialecte sicilien qui ne se traduit pas, ou certainement pas bien et je comprends bien l’impression négative que tu as dû avoir.
    En italien, c’est plus simple quoiqu’il faille se familiariser avec le dialecte, mais comme j’ai déjà lu quelques livres de cet auteur en VO, je commence à avoir l’habitude

  7. manu dit :

    Le traducteur parle du dialecte mais aussi de la déformation des mots. Mais je me doute en effet que cela doit être plus agréable à lire en VO. Malheureusement, à part spaghetti, ti amo et ciao, mon italien est très limité ;-)

  8. sheherazade dit :

    limité peut être, mais tu connais finalement les mots les plus importants LOL

  9. Andromède dit :

    ( le retard dans les tournées de blogs, c’est mal ! )

    J’avoue que je suis très très très intriguée… La production littéraire contemporaine est particulièrement plate au niveau du style, et s’il existe quelque part dans le monde des auteurs encore capables d’inventivité ( méchant ça, mais c’est vraiment ce que je pense… ), alors ça m’intéresse beaucoup ! Après, comme ton billet le montre, ça peut aussi relever de la tentative ratée… Mais je note, parce que tu as piqué ma curiosité ! :)

  10. manu dit :

    Je ne pense pas que ce se soit une tentative ratée en VO. Malheureusement une telle inventivité est difficilement traduisible. Cela dit, je le répète, certains ont été séduits par la traduction, d’autres pas. Difficile de juger sans le lire. Mais je pense que Camilleri perd à être traduit.

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