« Les feuilles mortes » de Thomas H. Cook

Ecrit le 12/01/2009 par manu ()

Dans une petite ville de la côte Est des Etats-Unis, la disparition d’une petite fille de huit ans, Amy Giordano, fait voler en éclat le bonheur de la famille de Eric Moore. Propriétaire d’un magasin de photos, marié à Mérédith, une ravissante enseignante et père de Keith, un adolescent de 15 ans, tout lui sourit. Mais quand Amy disparaît, les soupçons se portent rapidement sur Keith, qui la gardait ce soir-là pendant que les parents de la fillette sortaient dîner au restaurant. D’autant que le jeune homme, en pleine crise d’adolescence, est taciturne, n’a pas beaucoup d’amis et manque cruellement de confiance en lui. Il n’en faut pas plus pour que la police et la ville toute entière ne lui mettent la disparition sur le dos. De là à ce que le doute s’insinue dans l’esprit de ses parents …

J’avais coché ce roman dans la liste des livres proposés par Babelio suite à un billet de BiblioMan(u) sur un autre roman de cet auteur et qui m’avait donné envie de le découvrir. Je ne suis pas déçue même si je ne suis pas non plus complètement enthousiaste.
Tout d’abord un détail externe avait refroidi mon envie de commencer ma lecture : le bordereau promotionnel citait Harlan Coben vantant les mérites de Thomas H. Cook, un de ses écrivains favoris. Là, je me suis dit aïe aïe aïe, je ne suis pas fan de cet auteur et de ses romans aux recettes efficaces mais aux ficelles grossières. Mais heureusement, j’ai découvert un récit plus subtil, plus psychologique que ceux écrits par l’auteur de « Ne le dis à personne » même si parfois certains clichés sont véhiculés.

L’intrigue est abordée d’une manière assez originale, du moins loin de mes habitudes de lecture. Il faut dire que je lis très peu de romans publiés en série noire. L’angle choisi par le romancier est de suivre le père du coupable présumé, et non un quelconque enquêteur. Le lecteur découvre donc les ravages qu’occasionnent sur une famille le fait d’être au centre de l’attention, et surtout des soupçons de toute une petite communauté. Car l’action se déroule dans une petite ville. Mais là où il va plus loin, c’est que le personnage principal n’est pas la personne vers qui les soupçons sont dirigés mais le père de celle-ci. On voit donc comment le doute s’installe progressivement dans son esprit, suite au refus de son fils de s’exprimer, et ensuite suite aux différentes preuves qui s’accumulent.

Le roman ne se centre pas uniquement sur la disparition de la petite fille. Eric Moore voit toutes ses certitudes vaciller. Au fur et à mesure qu’il se met à douter de son fils, de nouveaux soupçons naissent dans son cerveau, au sujet de la mort de sa mère mais aussi au sujet de son épouse. Plusieurs récits s’entrecroisent au sein du roman, rendant sa lecture de plus en plus intéressante.

Cependant, malgré un début prometteur et passionnant, le récit s’enlise vers le milieu. Là où on pensait avoir affaire à un bon suspense et à une bonne étude psychologique, on a l’impression de sombrer dans un roman de la facilité, où le dénouement va être prévisible. Mon attention et mon intérêt sont alors retombés. Surtout que l’écriture n’est pas le point fort de Thomas H.Cook et que j’ai relevés quelques clichés faciles qui gâchent un peu la lecture, mais peut-être sont-ils dû à la traduction ? Par exemple à la page 123 : « Puis, sans un mot, elle tourna les talons, ouvrit la porte et partit vers sa voiture, les talons de ses chaussures claquant comme des coups de feu. » (sans parler de la répétition de talon, je trouve cette comparaison tellement éculée, plate et ridicule !!)
Et ma déception a été grandissante quand j’ai lu l’amalgame souvent fait de l’adolescent mal dans sa peau et qui aurait des tendances délinquantes qui a des goûts pour les groupes et l’esthétique dit « gothique ». Ce rapprochement systématique dans les livres ou les films me hérissent les poils. Mais bon passons.
La fin a relancé mon intérêt. Et a nettement fait remonter l’estimation finale du roman. Car je dois reconnaître que l’auteur termine son livre de manière brillante, par un coup de théâtre, alors qu’on croyait le coupable déjà désigné. Et surtout par une scène aussi inattendue que dramatique.

Donc, en résumé, un bon thriller psychologique avec un excellent début et une fin digne de ce nom. Dommage que l’intérêt diminue entre les deux. Mais je pense que je lirai d’autres titres de cet auteur.

Je tiens à remercier Babelio qui m’a envoyé ce livre dans le cadre de son opération Masse Critique, ainsi que les éditions Gallimard.

L’avis de Les chats de Bibliothèque(s), de Dominique (dont l’intérêt s’est maintenu pendant tout le livre ) Je suis sûre d’avoir lu un autre avis sur ce livre mais pas moyen de le retrouver. Si c’est vous, manifestez vous ;-)

Related Posts with Thumbnails

Flux RSS des commentaires

Il y a 23 commentaires sur ce billet

  1. Aifelle dit :

    Cà ne me tente pas vraiment, ces temps-ci j’ai lu trop de livres dont l’intérêt fléchissait rapidement.

  2. Karine :) dit :

    Tu ne me donnes pas nécessairement le goût de le lire… mais je me demande bien quel peut être ce coup de théâtre, par contre!!

  3. sheherazade dit :

    cela m’intrigue tout de même ce bouquin, tu en parles si bien !

  4. Cécile dit :

    Ca m’intéresse pour le début et la fin. Entre les 2, je trouverai un bon CD à écouter en même temps pour ne pas trop m’ennuyer. :-P
    Mais sinon Manu, c’est bien connu que les jeunes mals dans leur peau sont gothiques et donc graines de délinquants !!! ;-)

  5. keisha dit :

    J’ai tellement de policiers prévus cette année que je n’allonge pas la liste !

  6. manu dit :

    Aifelle : je ne sais pas si l’intérêt fléchit vraiment ou si c’est moi qui me suis désintéressée de l’histoire.

    Karine :) : pour le savoir, il faut le lire ;-)

    sheherazade : c’est un bon thriller !

    Cécile : rhooooooooo !!!! Attends quand tes filles seront ados ;-)

    keisha : tu as raison !

  7. Florinette dit :

    Dommage, car le début de ton billet me tentait bien, mais un suspense vite éventé et une faiblesse dans l’écriture, comme celle que tu viens d’extraire, me dissuadent de prendre note ce roman !

  8. Cécile dit :

    M’en parle pas, il y en a déjà une qui est rebelle à tout alors qu’elle a à peine 2 ans alors l’adolescence, j’ose même pas y penser !!! ;-)

  9. BiblioMan(u) dit :

    Bonjour Manu :O)
    A propos des facilités, cela m’avait déjà fait ça avec « Les Ombres du passé ». Mais je crois que je lirai celui-là quand même. En tout cas, en ce qui te concerne, tu sais laisser planer le suspense ! En ce qui concerne ma lecture dans le cadre du masse critique de Babelio, j’ai eu moins de chance sur la « révélation finale ». Du grand n’importe quoi !

  10. J’en ai entendu du bien sur les forums Polars pourpres et Plume Libre. J’ai bien failli le cocher mais en thriller, j’avais déjà choisi L’ange noir et Monster. J’ai eu le premier et il faudrait que je pense à le lire, lol.

  11. sybilline dit :

    Ce n’est pas mon genre de livre préféré mais j’ai adoré ton compte-rendu brillant et ton alternance bonheur/déception à la lecture de ce roman

  12. Dominique dit :

    J’ai reçu ce roman de la part de Babelio moi aussi, mais ce n’était pas mon premier choix. Je trouve que votre chronique est bonne, je vais vous mettre un lien.

  13. manu dit :

    Florinette : pour le suspense, je pense que c’est en partie moi qui me suis désintéressée. Pour la qualité de l’écriture, c’est indéniable ;-)

    Cécile : tu nous raconteras hihi

    BiblioMan(u) : je suis curieuse d’avoir ton avis. J’aimerais lire aussi « Les ombres du passé ». Et j’ai vu ton billet sur ta lecture de Babelio. Ca m’a fait rire !

    Laetitia : Je ne connais pas « L’ange noir ». J’irai voir ce que tu en dis !

    sybilline : merci sybilline. Il est vrai que je suis passée de la satisfaction à la déception et à nouveau au bonheur avec ce livre ! Dommage que ce soit aussi inégal !

    Dominique : merci. Je vais aller lire votre avis.

  14. Constance 36 dit :

    C’est malin, moi qui ai déjà une liste de livres à lire longue comme le bras voilà que j’ai envire d’jouter celui-ci à ma liste… Parce que tu en parles bien, que je m’acommoderai du milieu et n’ai aucune allergie à Harlan Coben. lol!!

  15. manu dit :

    Oups :-) . En effet, ce livre est alors fait pour toi. Surtout que malgré ce que j’en dis, le milieu ne m’a pas trop dérangée quand même. Bonne lecture !

  16. Andromède dit :

    Ah, le cocktail roman noir/intrigue familiale (surtout avec du Papa/fiston à la clé) m’attire assez, je l’avoue… Je note le titre, en espérant ne pas être déçue si je le lis un jour =)

  17. lael dit :

    le thriller est dans l’air!!! ce n’est pas mon genre de prédilection et puis entre les deux si ca tombe comme un soufflet! j’avoue que la comparaison gothique, délinquance ne m’attire pas !!! trop facile, trop clihé! allez je passe!

  18. manu dit :

    Andromède : si tu es déçue, tu ne pourras pas m’en vouloir car j’ai souligné les défauts de ce livre ;-)

    lael : oui, je pense en effet qu’il vaut mieux !

  19. anjelica dit :

    je l’ai vu chez Joelle cette semaine et j’ai fini par le noter mais il me semblait bien me rappeler que je l’avais vu ailleurs !

    J’espère qu’il me plaira.

  20. manu dit :

    Je l’espère aussi ! J’ai lu beaucoup de bonnes critiques.

  21. anjelica dit :

    Quand à moi, je l’ai lu hier soir et j’ai vraiment aimé :)

  22. Melontat Tauta dit :

    Thomas H. Cook n’a pas beaucoup de chance avec ses traducteurs, notamment celui qui s’est « chargé » des Ombres du Passé et de ces Feuilles Mortes… Il vaut donc mieux s’abstenir de juger de son écriture sur la base de ces deux livres; essayez plutôt Les Rues de Feu ou Les Instruments de la Nuit.

    • manu dit :

      Merci pour ce conseil. C’est vrai qu’on oublie vite que les traducteurs sont parfois responsables des lourdeurs ou des problèmes de style !

Laisser un commentaire sur cet article

Theme FREEmium modifié par WebDevCat