« L’homme qui souriait » de Henning Mankell
La renaissance de Wallander
Après avoir tué un homme, Wallander a sombré dans la dépression et est en arrêt de travail depuis un an et demi. Un arrêt de travail pendant lequel il a oscillé entre alcoolisme et folie. Il ne doit son salut qu’à une retraite solitaire dans une pension au Danemark. Là, il vit une sorte de renaissance faite de promenades sur la plage battue par les vents violents du Nord. C’est également là qu’il prend une décision importante : il va prendre sa retraite de la police. Soulagé par son choix, il est surpris dans son isolement par Sten Torstensson, un avocat qu’il a souvent côtoyé et qui est même devenu un bon ami. Ce dernier est venu le trouver car il est persuadé que l’accident dans lequel son père, Gustav, a trouvé la mort trois semaines plus tôt, est en fait un meurtre. Mais Wallander reste sur ses positions, sa décision est prise : il n’est plus flic.
Peu de temps après, il rentre en Suède afin de signer les papiers de sa démission et recommencer une nouvelle vie. Mais il a un choc en lisant le journal : Sten Torstensson a été abattu de trois balles dans son bureau. Wallander sent ses vieilles pulsions remonter à la surface et n’est plus sûr que sa décision est la bonne. Au contraire, il décide même de reprendre du service et d’intégrer l’équipe chargée de l’enquête sur la mort de son ami.
J’ai été, une fois de plus, séduite par le roman de Henning Mankell. Point d’hémoglobine ou de violence urbaine ici. Il ne faut pas s’attendre à une fin surprenante mais à une critique de la société suédoise ou plutôt de la société occidentale en général, car je pense que les critiques faites au modèle suédois peuvent s’appliquer à bons nombre de pays européens. Je rappelle toutefois qu’il se passe en 1993. Dans cet opus-ci, Henning Mankell, au travers de la voix de Kurt Wallander et de ses collègues, s’attaque au fonctionnement de la police, et du monde de la fonction publique de manière indirecte. Celui-ci n’est plus du tout adapté à la réalité d’aujourd’hui. Il fonctionne de manière archaïque et de telle sorte que bon nombre d’affaires demeurent irrésolues. De plus en plus de flics sont des flics surdiplômés, qui passent leurs journées derrière des bureaux et les policiers de terrain tendent à disparaître. Au travers d’une des victimes, il fait le constat que la fonction publique ne semble pas se porter mieux.
Henning Mankell dénonce aussi la puissance des grands industriels, qui, parce qu’ils apportent de l’argent à l’Etat, semblent disposer de protections implicites et surtout bénéficier en quelques sortes d’une « immunité », comme si même la police ne pouvait aller les déranger comme n’importe quel autre citoyen du pays. Heureusement, Kurt Wallander est fait d’un autre bois et ne l’entend pas de cette oreille.
L’enquête est bien ficelée et nous emmène dans des endroits dépaysant.
Dans cette enquête, on retrouve un Kurt Wallander au bout du rouleau, qui remonte la pente et retrouve le goût de vivre grâce à son travail et à sa volonté de trouver le meurtrier de son ami, envers lequel il se sent une dette. Les personnages qui gravitent autour de lui sont également bien dessinés. Ann-Britt Höglund qui fait son entrée dans la série, est un personnage attachant qui, peu à peu, trouve ses marques dans le commissariat, grâce à un caractère bien trempé. Ce qui n’est pas facile, car elle est entourée d’une bande de policiers machistes assez « vieille école » qui se sentent menacés par la nouvelle recrue. Même Wallander sera victime de préjugés misogynes avant de se rendre compte des qualités indéniables de la jeune femme. Parmi les collègues masculins, ma préférence va à Svedberg et Per Akeson, le procureur.


Je vois que tes polars suédois te plaisent bien. Moi je suis dans le dernier Karin Alvtegen et franchement, je m’ennuie…
Je ne connais pas du tout cette romancière. J’attends donc ton avis mais si tu t’ennuies, ça donne pas envie de la découvrir
je l’ai dans ma PAL depuis un certain temps, je vais me décider à la lire.
j’aime bien les polars de Maj Sjowall et Per Wahlöö également.
Un jour, je lirai cet auteur… il y en a tant à découvrir!!! J’aime bien ces héros de polars torturés.
Sheherazade : arrête avec tous ces noms, tu me donnes envie de tous les lire
Karine : avec celui-ci, tu ne seras pas déçue, il est bien torturé !
oh mais ma très chère manu, j’en ai encore plein des noms à te donner … cela compensera pour tous ceux que je note chaque fois que je passe ici