« Possession » de Antonia Susan Byatt
Enigme littéraire
Ce roman porte bien son nom, car une fois entamé, il nous possède et nous envoûte. A.S. Byatt a reçu le Booker Price pour ce roman et ce n’est guère étonnant. Elle nous livre avec « Possession » un roman impossible à classer, foisonnant et tellement diversifié. Elle y mêle avec bonheur tous les genres imaginables : le récit contemporain, la correspondance, le journal intime ou la poésie. Non contente de se livrer à cette exercice avec réussite, elle réussit l’exploit de mélanger différents styles d’écriture, chacun correspondant à l’époque où la partie du récit se déroule : un style moderne pour l’action contemporaine ou un style plus ampoulé et très XIXème anglais pour l’action qui se situe dans le passé.
Roland Mitchell est un universitaire assez terne qui vit une existence morne auprès de sa compagne Val. Sans grand espoir de brillant avenir professionnel devant lui, il se consacre péniblement à une recherche sur le poète victorien Randolph Henry Ash. Chercheur de second plan, il ne brille pas au sein de son département dominé par Blackadder. Pourtant un jour, travaillant comme de coutume à la bibliothèque du British Museum, il tombe sur des esquisses de lettres que le poète anglais aurait vraisemblablement écrites à une jeune dame dont il était tombé sous le charme. Coup de tonnerre et de chance pour le jeune homme, qui, craignant de voir sa découverte lui échapper, les emporte et choisit de taire leur existence. Il décide d’approfondir ses recherches et en vient rapidement à soupçonner que la jeune femme ne serait autre que Christobel LaMotte, poétesse également. Il se rend alors au Département d’études féminines pour poursuivre ses recherches. Là, il rencontre Maud Bailey, à qui il confie, avec réticence, son secret.
D’abord septique, la jeune femme finit par se prendre au jeu et les deux universitaires se lancent sur la piste des amants mystérieux, à l’insu des guerres qui font rage entre les américains et les anglais autour d’Ash.
Alternant passé et présent, ce roman se présente sous une véritable enquête littéraire, peuplée de correspondances secrètes, d’amours cachés et de sentiments violents, qui passionnera les amateurs de littérature. Un roman magnifique et un véritable tour de force.
J’ai malgré tout un petit regret à émettre. Si l’alternance des genres, que ce soit de narration ou de style, constitue une idée brillante et une richesse du récit, il m’a parfois été pénible d’avancer dans l’histoire. Les poèmes et certains textes écrits d’une manière qui m’ont paru friser l’ampoulé, principalement dans la première partie du roman, m’ont semblé longs et parfois indigestes. C’est un peu dommage.
Lu en 2004.


J’ai beaucoup aimé ce roman… mais j’avoue que j’ai passé vite certains textes et poèmes… probablement que ça apporte quelque chose à l’histoire mais ça m’endormait un peu! Passé ce détail, ce fut un coup de coeur!
J’ai ressenti la même chose.
ça c’est l’un des bouquins que j’ai le plus adoré !
Je n’ai pas pu finir ce roman, je l’ai trouvé complètement indigeste. Ca me paraît un peu anormal que l’on puisse sauter des pages et des pages de ce livre sans en perdre le fil. Pour moi, cela prouve bien qu’A.S. Byatt a voulu en faire un peu trop. Par contre, je tenterai sûrement le film un jour.
Eh bien , je pense que c’est un livre qui mérite qu’on s’entête car dans la deuxième partie, il devient passionnant et l’insertion de textes devient plus rare. Mais c’est vrai qu’on peut faire ce reproche à la romancière.
J’ai lâché à la page 450, soit deux cents pages avant la fin. Non, je t’assure que j’ai vraiment essayé de le terminer ;o)