“Vaincre sa peur de la maladie” de Michel Lejoyeux
Apprendre à être en bonne santé
Ils sont toujours à l’écoute de leurs corps. Ils consultent leurs médecins généralistes à tout va. Ils ne vont jamais bien. Qui sont-ils ces nouveaux obsédés de la santé ? Toujours plongés dans leurs manuels ou dans leurs encyclopédies médicales ou à la recherche sur le net des nouveaux médicaments ou des nouveaux vaccins. Dès qu’ils lisent une revue, ils partent à la recherche des pages médecines. A l’affut des campagnes de prévention, ils ne se rendent pas compte que tous ces comportements sont finalement plus nuisibles qu’autre chose. Qu’au lieu de les rassurer, ils ne font que les renforcer dans leur idée : « Je suis malade, j’ai ces symptômes » ou « Je ne suis qu’un malade en sursis, mon environnement est propice au développement de telle ou telle pathologie. Mon comportement est à risques. »
Michel Lejoyeux distingue particulièrement deux types de ces nouveaux « obsédés de la santé » :
- le premier est celui qui craint sans cesse d’attraper une maladie. Il est persuadé de vivre dans un environnement qui le conduira fatalement à développer une maladie mortelle : les ondes gsm sont nocives, la pollution, la nourriture, … Pour contrer cela, il développe toutes sortes d’attitudes : il se lave les mains toutes les cinq minutes, il fuit les gens qui toussent dans les transports, il se nourrit de manière saine, il fait du sport, … Tous ces comportements peuvent paraître normaux sauf lorsqu’ils sont poussés à l’extrême, à la limite de la névrose (faire de la course à la limite de tomber dans le coma, …)
- le deuxième est celui qui croit déjà être malade et ne cesse de se trouver des symptômes qu’il interprète comme des signes de maladies graves (un simple mal de tête devient signe d’hémorragie cérébrale) Il ne cesse de se rendre chez le médecin, pour être rassuré mais ne le croit pas quand ce dernier lui assure qu’il est en bonne santé. Il a toujours une question à poser, un symptôme à soumettre.
Que cachent ces comportements ? La peur de la mort bien évidemment. Mais s’arrêter là serait bien simpliste. Car tout le monde a peur de la mort, mais les obsédés de la médecine transforme cette peur en véritable névrose. Tout d’abord, en lisant tout ce qui a trait à la médecine, en développant des connaissances qui les mettent, selon eux, sur un pied d’égalité avec leur médecin. Ils veulent être considérés par ce dernier comme un collègue, un ami. Un des autres symptômes est le phénomène d’anticipation. Le névrosé de la santé anticipe toute maladie. Il est tellement conscient de son corps que toute douleur, tout phénomène qu’il identifie est pour lui le symptôme d’une grave maladie. Mais ça va plus loin, là où il craint comme la plupart des gens le cancer, il a également peur des petits maux quotidiens et consulte pour des petites douleurs pour lesquelles la majorité des personnes ne vont pas voir leur docteur. De plus, l’hypocondriaque a une image complètement fausse de ce qu’est être « en bonne santé ». Pour lui, on est en bonne santé quand on a mal nulle part, qu’on est capable de courir 10km et après ça d’aller encore à la salle de gym. Mais tous les médecins le disent : avoir des petites douleurs, la bouche sèche ou saigner du nez sont fréquents chez les gens en bonne santé.
L’excès d’attention envers son corps, la recherche constante de symptômes cache bien souvent du stress et une quantité importante d’anxiété. L’anxieux va toujours être à l’écoute de son corps : les battements de son cœur sont-ils normaux ? Sa douleur aux tempes cache-t-elle une tumeur ? …
Le psychiatre évoque plusieurs causes à ce phénomène, développées par plusieurs penseurs ou psychanalystes. Certaines trouvent l’origine de l’hypocondrie dans l’enfance (excès de soin ou au contraire négligence) et d’autres par contre estiment qu’il s’agit du résultat d’une insatisfaction actuelle (Freud).
Difficile donc pour le lecteur de faire le tri lui-même.
Michel Lejoyeux tente toutefois de faire passer un message tout au long de son ouvrage. Il s’adresse aux obsédés de la santé, en essayant de leur faire comprendre que parmi tous les médecins qu’ils vont consulter, il en est un chez qui ils ne se rendent jamais et qui pourtant serait peut-être le plus apte à les aider : le psychanalyste. Mais, attention, tout le monde n’a pas besoin d’une psychanalyse. Bien souvent, cette tendance à l’hypocondrie est passagère et se résorbe d’elle-même. Mais pour ceux pour qui ce n’est pas le cas, plusieurs possibilités peuvent s’offrir à eux pour apprendre à être en bonne santé. Car c’est là le but à atteindre pour ces obsédés de la médecine : APPRENDRE A ETRE EN BONNE SANTE.
On sourit beaucoup à la lecture de cet ouvrage car on se reconnaît dans pas mal des comportements décrits. On rit, souvent jaune. Le livre est émaillé de pas mal de cas, détaillés et vivants. Ce qui rend la lecture proche de nous, on se sent moins isolé dans notre « névrose ». Car je dois l’avouer, je fais partie de cette génération d’hypocondriaque. Ce livre m’a appris beaucoup de choses sur moi-même et m’a aidé à y voir plus clair sur ces petits maux qui accompagnent ma vie quotidienne. Il faut être honnête, on n’en sort pas beaucoup plus avancé mais sans doute plus déterminé à vaincre cette « maladie de l’esprit ».




ma conclusion serait qu’avoir peur, cela ne sert strictement à rien, sauf à tomber malade. Mais c’est facile à dire, pour quelqu’un qui n’a jamais été malade dans sa vie, sauf depuis deux ans.
en principe, c’est exact, une psychanalyse peut aider, mais plus simple et moins long, il y a aussi l’hypnose et l’acupunture qui permettent de débloquer les mécanismes mis en place. Je les recommande vivement, car ça marche. C’est pas que dans la tête, docteur.
J’aimerais être aussi zen !
Je devrais penser à l’acupuncture. L’hypnose, par contre, je suis assez réfractaire, j’aurais trop peur de dire des choses trop secrètes lol
à propos de “zen”, je vais te faire rire = j’ai remis ma prof de yoga à sa place à propos de la neige, comme elle ne comprenait pas que je ne me déplaçais pas en voiture alors que c’était si beau, je lui ai dit que la beauté des paysages ne me motivait pas suffisamment pour avoir un accident automobile
Tu abordes là un sujet sérieux. Nous avons tous été malades, le sommes ou le serons un jour ; en fait j’ai l’impression que c’est la souffrance qui nous est difficile à accepter ou à supporter, ou la diminution de nos capacités physiques ou intellectuelles.
Là je suis hors sujet, il s’agit de la peur de la maladie poussée un peu trop loin ? Ce livre peut être utile en effet car cela doit “bouffer” la vie si on a toutes ces craintes.
Je précise que j’ai mon lot de pb de santé, mais je sais qu’il y a pire ailleurs.
Oui, le sujet est d’avoir peur de la maladie ou de croire d’être malade alors que ce n’est pas le cas. Pas facile de vivre avec ça, mais bon, comme pour tout, il faut faire avec