“Les enfants de l’empereur” de Claire Messud
Une jeunesse dorée et creuse
Vous deviez vous demander si je lisais encore ! Eh oui, voilà plus de deux semaines que je trainais ce livre. Non pas qu’il m’ait franchement déplu, mais plutôt un concours de circonstances qui ont fait que j’avais moins le temps de lire. Cela dit, j’avoue qu’il ne m’a pas franchement emballé non plus. J’ai peiné sur la première moitié et même si la deuxième partie m’a paru plus intéressante, j’ai cru que je ne verrais jamais la fin des presque 600 pages que comptent ce roman.
Marina, Danielle et Julius se sont rencontrés à l’université. Aujourd’hui trentenaires, ils font partie de ce qu’on pourrait appeler l’intelligentsia New-Yorkaise, une génération de jeunes diplômés branchés et désoeuvrés, qui passent plus leur temps à parler chiffons, romances et autres histoires futiles que véritable travail ou n’importe quel sujet plus ou moins intellectuel. Marina travaille depuis plus de 7 ans sur un vague projet de livre sur les vêtements pour enfants. Elle refuse de s’abaisser à accepter un job, elle pense valoir bien plus que ça et que son accomplissement personnel doit passer par la rédaction de ce livre. Le problème, c’est que cela ne l’intéresse pas et elle est donc revenue vivre chez ses parents, faute de revenus. Danielle, la seule à travailler, est assistante de production pour une télévision. Tous ses ambitieux projets sont rejetés les uns après les autres par sa hiérarchie et elle est contrainte d’accepter un reportage sur la liposuccion, seul sujet qui semble intéresser ses supérieurs et les téléspectateurs. Quant à Julius, sa vie sexuelle gay l’accapare et il vivote dans un studio miteux qu’il paie en écrivant des critiques littéraires, pour lesquelles son talent n’est pas reconnu.
A ce trio, s’ajoute Murray Thwaite, le père de Marina, célèbre journaliste et écrivain, reconnu pour de brillants écrits qui ont fait sa gloire dans le passé et qui s’assied sur la notoriété de ceux-ci sans se fatiguer pour se renouveler. Son charisme lui permet de rester au sommet de la vague et d’être adulé, notamment par sa fille.
Deux personnages vont venir chambouler l’équilibre bien établi de ce petit monde. Tout d’abord, Frederick, surnommé Bootie, le neveu de Murray, qui abandonne des études prometteuses, dégoutté par la mascarade qu’est, selon lui, le système scolaire américain. Pensant que son oncle, à qui il voue une profonde admiration, pourra lui en apprendre bien plus que l’université, il décide de le rejoindre à New-York. Ensuite, Ludovic Seeley, un ambitieux australien que Danielle a rencontré à Sidney. Il s’installe à New-York pour lancer Le Monitor, un magazine qui va révolutionner le paysage médiatique américain. Le petit monde pailleté va alors s’effriter, et l’icône incarnée par Murray, qui régnait en empereur, va vaciller sur son piédestal. Et la proximité du 11 septembre 2001 ne va pas arranger les choses.
J’ai été déçue par ce roman, dont j’attendais beaucoup. Tout d’abord, j’ai eu beaucoup de difficulté à entrer dans l’histoire et j’ai l’impression de n’y être jamais vraiment parvenue. Pourtant, l’intrigue vaut le détour mais je me suis malgré tout un peu ennuyée. Les personnages sont creux, inintéressants. Sensés représenter une certaine élite intellectuelle, ils sont futiles et, à part l’un ou l’autre, leur intelligence est très peu valorisée. Le personnage de Marina m’a particulièrement tapé sur le système : imbue d’elle-même, capricieuse et égoïste. Le personnage de Bootie aurait aussi mérité un développement plus pointu car les raisons qui expliquent son comportement final sont faibles. Un autre traitement me l’aurait sans doute rendu plus sympathique, mais là, j’avoue qu’il m’a aussi horripilée et que l’incohérence de son attitude et de ses choix m’ont laissée perplexe. L’intrigue aurait mérité un approfondissement de ses états d’âme.
L’éditeur affirme que c’est “le roman sur New-York”. Moi qui suis allée visiter la grosse pomme en juin et en suis revenue enchantée, il n’en fallait pas plus pour me séduire. Et là, grosse déception. Je n’ai pas retrouvé la ville que j’ai visité, à part quelques endroits par-ci par là. Mais évidemment, je ne faisais pas partie de la haute bourgeoisie littéraire qui va de cocktail en dîner mondain.
L’intrigue, par contre, est digne d’intérêt. Dommage que les défauts autour nuisent à sa progression et la désservent. L’idée était brillante mais le traitement ne m’a pas convaincu. Je me demande quand même si lu à un autre moment, il ne m’aurait pas davantage plu. Car il est vrai que les conditions n’étaient pas favorables. Dommage car j’avais réellement envie de l’aimer ce livre !
L’avis de Brize qui a aimé et de Cuné qui n’a pas trop apprécié non plus.





J’aimais bien la couverture, mais je suis plutôt contente de ne pas avoir un livre de plus à noter !
Comme Kathel : j’ai trouvé la couverture superbe !Dommage que l’intérieur n’ait pas tenu ses promesses…
Comment tu fais pour lire 600 pages d’un livre qui t’ennuie ?! Il y a tant de bons livres à lire (Laura Kasischke par exemple…) que j’abandonne quand ça traine trop en longueur.
Ah bien voilà la véritable explication du pourquoi nous avons dû tant t’attendre : tu lisais un gros roman plutôt ennuyeux!
Après cet effort, je te souhaite un bon petit roman bien savoureux!
Ton avis sur ce roman n’est pas le premier mitigé que je lis. Pourtant, il m’attirait pas mal ce livre… du coup, je ne sais pas si je le lirai.
Ouhlà comme j’en attends beaucoup de ce roman, je vais attendre que cet enthousiasme retombe avant de m’y plonger, car à mon avis je risque fort de ressentir cette même déception !
Je viens de relire le commentaire que j’avais fait de ce roman… on pourrait presque croire qu’on n’a pas lu le même, tant nos perceptions ont été différentes (et je trouve ça très amusant) !
Je ne qualifierais certes pas “Les enfants de l’empereur” de “roman sur New York”, argument éditorial basé sur le fait que, effectivement, l’action se passe dans cette ville, mais je comprends qu’au moins sur ce plan-là tu aies pu être déçue.
Pour le reste, ce roman m’a bien accrochée et je ne m’y suis pas ennuyée (pourtant, je m’ennuie facilement !). Quant aux personnages principaux, je les ai trouvés bien étudiés et intéressants à observer.
Encore une fois, c’est l’intérêt de nos blogs, de comparer ainsi nos avis, même lorsqu’ils divergent autant : nous réagissons diversement à nos lectures et c’est bien pourquoi, avant de nous y plonger et malgré tout ce que nous aurons pu lire comme commentaires élogieux ou non à leur sujet, bien malin qui pourrait affirmer que tel ou tel ouvrage, il en est sûr, va nous plaire !
Ma libraire me recommande chaudement ce livre, tu me fais beaucoup hésiter.
A la base, ce roman m’attire beaucoup (il me fait un peu penser à un Jay McInerney) mais ton avis me fait passer mon chemin et de temps en temps, ça fait du bien…
kathel et keisha : allez lire l’avis de Brize qui est totalement différent du mien ! Peut-être qu’il vous plairait plus qu’à moi !
Ys : j’avoue que je rechigne à abandonner un livre. J’ai du en abandonner deux ou trois dans ma vie (tu avoueras que c’est peu vu le nombre de livres que j’ai déjà dévoré
)
sybilline : je ne lis pas un petit roman, mais il est quand même beaucoup mieux !
lewerentz : il faut parfois se faire sa propre opinion. Il y a aussi de bonne critique. Je renvoie encore une fois à celle de Brize !
Florinette : c’est peut-être une sage décision. parfois, on attend trop d’un roman et c’est la raison de notre déception !
Brize : en effet, j’ai eu la même impression en relisant ton billet
. C’est en effet une grande richesse de pouvoir confronter nos avis ! D’autant plus que je partage souvent le tien et que tes goûts sont souvent proches des miens ! Mais comme tu le dis, il est difficile d’être sûr qu’un livre nous plaira parce qu’un tel ou untel l’a aimé
. Mais ça ne m’empêchera pas de continuer à suivre tes avis !
Aifelle : eh bien, peut-être l’aimeras-tu ! Je te conseille aussi de lire l’avis de Brize !
Cécile : oui, c’est vrai que ça fait du bien parfois
Rien à voir avec ce livre mais devine quoi !!!
Mon mari est allé chercher mon colis ce matin chez DHL et comme je lui ai demandé environ 28 fois de m’appeler pour me dire si il venait de Belgique, il a été très obéissant et m’a confirmé ce dont je me doutais un peu ces derniers jours : mon colis vient de Belgique !!!
Alors un grand merci à l’avance, je suis pressée pressée d’être à ce soir pour voir tout ça mais de toutes façons, ça me fait plaisir qu’il vienne de toi.
La boucle est bouclée, je suis ravie. Bonne journée. Bizzz
Ouffffffffffff je suis soulagée qu’il soit arrivé ! Tu n’imagines pas le sang d’encre que je me suis faite depuis quelques jours
. Et hier quand j’ai lu que ça faisait deux jours que DHL passait chez vous, j’ai enfin pu souffler ! Mais j’étais indignée que tu ne l’ais pas dit plus tôt
!!! Moi qui ne dormais plus
. Bon j’exagère mais si peu MDR.
J’espère que tout te plaira car la pression est forte avec le superbe colis que tu m’as envoyé pour le London swap !
Mais j’ai été ravie de voir que tu étais ma swappée
Bonne journée aussi !
Bises !
Mais c’est la faute de DHL, je n’ai su qu’hier qu’ils passaient depuis 2 jours !!! Parce que ces messieurs ils passent mais ils ne te le disent qu’au bout du 3ème passage !!!
Lol tout est bien qui finit bien.
Ah ça va alors
, j’avais compris que tu le savais depuis deux jours hihi !
Bon, je stresse et j’attends avec impatience ton verdict (petite Manu toute tremblotante ! )
Tadam suspense !!! Promis je te mets un message ce soir même si je ne mets les photos que demain sur le site.
Et voilà !!! Ça y est, j’ai déballé mon colis !!!

MERCI !!!!!
C’est génial tu as touché juste partout, les livres bien sur je me souviens les avoir notés en passant par ici, sauf le Joyce Carol Oates mais je l’avais noté ailleurs.
Pour les gourmandises, je sens qu’elles ne vont pas durer très très longtemps (miam miam miam), les marque-pages magnétiques, je trouve ça super pratique (et joli en plus) et c’est vrai que j’avais envie de m’en trouver depuis longtemps…
Et le meilleur pour la fin, le cadre avec les photos des lutines !!! Ça m’a tiré une petite larme, terrible non ?!? D’ailleurs pour l’instant je vais garder les photos que tu as choisies.
Et sinon les emballages m’ont bien plu aussi, j’ai adoré l’assortiment de couleurs quand je les ai sortis du colis !!!
En résumé, merci beaucoup beaucoup, merci aussi beaucoup à JB qui a mis la main à la pâte.
Bonne soirée, gros bisous, je mets l’article demain sur le blog de Hamnessa (je vais devoir faire un copier-coller de ce que j’ai mis ici lol).
Petite Manu tremblante peut être rassurée et Petite Cécile est ravie !!!
Ouf, je suis contente que tout te plaise !!!! Pour le cadre, j’ai galéré. Je voulais un truc qui sorte de l’ordinaire, vu le super cadeau que tu m’avais fait ! Je ne te dis pas comme j’ai cogité ! Rien ne me satisfaisait.
.
Et pour les livres pas facile d’offrir des livres qui plaisent avec des occasions
Pour les gourmandises, c’était plus facile
Bonne soirée et gros bisous !
aïe, et dire que j’ai ce livre dans ma PAL !
déjà que je me suis envoyé “Deception on his mind” d’Elizabeth George - une brique de 700 pages, à contrecoeur, comme vais-je faire avec celui-ci ??????
:o)
Dommage, il me tentait beaucoup, celui-là… je pense que je vais passer mon tour…
J’avais entendu parler de ce roman à La Matinale de canal+, et je m’étais précipitée pour l’acheter. Comme il n’est pas encore en poche, pour être sûre de mon achat, j’ai voulu lire les premières pages et finalement, je ne l’ai pas acheté. Ta note confirme ce que j’ai ressenti (également dans “La belle vie”) un sentiment d’écriture égocentrique d’un auteur tourné vers lui-même et tout ce qui lui ressemble.
mais cette idée d’élite, qui na d’élite que le nom m’exaspère!
C’est drôle car la fameuse “inteligentsia” dont tu parles, est la même que je fréquente chaque jour au travail (version CAC 40): un paquet de gamins égocentriques, inaptes à voir qu’autour d’eux tourne un monde plein de choses et de gens à découvrir plein de promesses autres que… d’avoir un jour une voiture qui coûte l’équivalent de la nourriture de plusieurs familles pendant un an…
Je suis dure
[lol]Nan, mais justement, si le roman raconte les déboires d’une pseudo élite intellectuelle creuse et désoeuvrée, est-ce que ce n’est pas une bonne chose que les persos soient de ce fait creux et ennuyeux ? XD[/lol]
Plus sérieusement, j’avoue que l’intrigue ne me tente pas du tout… et ton billet confirme la chose ! Tant pis, ce sera pour une prochaine fois ^^;
sheherazade : pas de panique !!! Mon avis n’est pas universel. Ce livre est recommandé par beaucoup de libraire et Brize a beaucoup aimé. Peut-être que tu auras un avis différent du mien
Karine : j’ai l’impression de dissuader tout le monde
La nymphette : ah ben, je te plains de travailler avec des gens comme ça ! Mais tu résumes bien mon sentiment face aux personnages de ce livre ! On s’est bien comprise à ce que je vois
Andromède : mais justement, il n’est dit nulle part sur la quatrième de couverture qu’ils sont creux et désoeuvrés !!! En entamant le bouquin, je les pensais quand même plus intéressants ! Mais je me répète, mais Brize n’a pas eu ce même ressenti. Donc plusieurs personnes peuvent lire un même livre et ne pas y ressentir la même chose
Mais cela dit, je ne pense pas en effet que ce soit le genre de livres que tu aimes
peut-être, chère manu, mais généralement ton avis est excellent et recoupe souvent mon opinion sur les bouquins
Hihi, je me suis un peu lachée, mais c’était spontanné!
sheherazade : merci chère Niki
La nymphette : tu as bien raison, il faut se lâcher parfois !