« Rien n’est trop beau » de Rona Jaffe
Longtemps ignorée en France, Rona Jaffe est pourtant une de ces romancières américaines à la langue mordante et l’esprit caustique. Comme quoi, il n’y a pas que les anglaises qui avaient une plume acérée pour croquer leurs contemporains. Même si elle n’est pas aussi piquante qu’une Dorothy Parker, l’oeuvre de cette écrivain mérite qu’on s’y arrête. (Ne serait-ce que pour cette belle couverture ! )
Rien n’est trop beau s’intéresse aux destins de ces jeunes femmes qui, dans les années 50, à New-York, occupent des emplois de secrétaires dans ces immenses buildings prestigieux, tels que le Rockefeller Center. Caroline Bender, 19 ans, a vu ses rêves de mariage s’envoler lorsque son fiancé lui a préféré une jeune héritière de Dallas, rencontrée en Europe. Elle décroche alors un emploi dans une grande maison d’éditions, où elle fait la connaissance de April Morrisson, qui débarque du Colorado. Rêvant de faire une carrière d’actrice, April a du se résoudre à trouver un travail en attendant de devenir une vedette. Gregg Adams, elle, fait déjà une carrière d’artiste, mais pas suffisamment brillante pour lui permettre de vivre décemment. Il y aussi Mary Agnes qui va bientôt se marier et Barbara, jeune divorcée qui doit subvenir aux besoins de son bébé.
Rona Jaffe a elle-même travaillé dans une maison d’édition et, dans ce premier roman publié en 1958, elle parle donc de ce qu’elle connaît. Elle montre sans concession combien il est difficile pour une femme de se faire une place dans ce milieu d’hommes. Celles qui veulent réussir ne doivent pas avoir froid aux yeux et ne pas hésiter à s’imposer. C’est les années 50 et les femmes ne sont pas encore destinées à avoir des postes prestigieux. Au contraire, elles ont en général un travail en attendant de se marier et elles le quittent dès que la cérémonie est célébrée ou au plus tard dès qu’un enfant s’annonce. D’ailleurs, la romancière n’épargne pas les femmes envers lesquelles elle se montre volontiers critique. J’ai eu même peur au début de me trouver plongée dans un roman dans lequel toutes les femmes ne souhaitaient qu’une chose : trouver un mari et fonder une famille. J’ai craint le pire durant quelques chapitres avant de comprendre que c’était le moyen par lequel Rona Jaffe dénonçait ce côté trop traditionaliste de la société, comme si une femme ne pouvait réussir dans la vie que par le mariage.
Mais elle n’épargne pas non plus la vie trépidante new-yorkaise et surtout les hommes qui sont les premières cibles de sa prose acide. A part quelques uns, elle n’épargne pas la gent masculine, montrée sous certains de ses plus mauvais jours.
La ville de New-York est un personnage à part entière. Cela m’a évidemment beaucoup plu. J’ai adoré me promener sur les trottoirs de la cinquième avenue à cette époque que je n’ai pas connue, visiter le Rockefeller Center au temps de sa splendeur et m’arrêter devant la vitrine de Tiffany. Un régal.
Un roman que je conseille aux amoureux de New-York et à tous ceux qui aiment les romancières au style incisif. Même si ce n’est pas un chef d’oeuvre, il fait passer un excellent moment.
Je remercie Ys et Newsbook pour ce partenariat ainsi que les éditions Presses de la Cité.
Cette lecture compte pour ma 11ème participation au challenge de Sofynet :
Ce roman consiste aussi en ma première participation au challenge d’Anne :



[...] les blogueurs qui recevront un exemplaire de ce livre : Alicia – Anna44 – Fleur – Manu – [...]
Ce livre est fait pour moi, je le note !
J’espère qu’il te plaira ! En plus, en anglais, il est en poche
Je suis généralement peu regardante concernant les couvertures mais là je dois dire que celle-ci est très réussie ! Pour ce qui est de l’histoire, je craignais un peu de me retrouver dans un roman chick-litt des années 50 mais là tu me tentes
Pas du tout chick litt même si ce sont des histoires de femmes. La couverture m’a vraiment plu (mais j’aime les belles couvertures moi
)
Hop, billet ajouté ! Et livre très très tentant, que j’ajoute à ma longue liste …
Tu es décidément rapide !
Tout à fait le genre qui pourrait me plaire, je le note.
J’aime quand des romans de qualité reviennent sur le devant de la scène.
Je l’avais demandé à News book, mais pas de chance! je suis ravie qu’il soit allé chez toi, amoureuse de new York. M^me si ce n’est pas le roman du siècle.
Pas le roman du siècle, mais un très bon cru quand même !
Ah, mai stu m’intéresse, là ! Je vais voir si ma bibli la connaît !
Il devrait te plaire !
mmmmmmmmm! qu’est ce que tu me tentes avec ce billet
Je pense que tu devrais aussi aimer !
Je ne connaissais pas du tout, encore une fois grâce à toi je découvre un auteur susceptible de me plaire. ça me fait un peu penser au « Destin de Lillian Dawes »… bref je note de suite !
Ca ne ressemble pas vraiment à Lilian Dawes, je penche plutôt à des romancières comme Dawn Powell (que je n’ai pas encore lu mais ça ne va pas tarder !!!! ) ou l’anglaises Mary Wesley.
J’en ai beaucoup entendu parler, je pense que je le lirais bientôt ! En plus, je trouve la couverture très belle !
Je te souhaite un joyeux Noël Manu, profites en bien
Oui, la couverture donne vraiment envie et reflète bien le contenu.
Joyeux noël à toi aussi
Un livre dont on entend parler, et c’est tant meiux apparemment.
Oui, en effet ! Une belle (re)découverte !
Je passe te souhaiter un joyeux Noël, à toi et aux tiens!
Merci Valérie. Joyeux Noël à toi et à ta famille aussi !
Je l’ai commencé et puis je l’ai stoppé pour me plonger dans autre chose. Je le terminerai mais comme tu le dis, ce n’est pas un chef d’oeuvre, je m’attendais à autre chose.
Le début peut paraître trompeur et superficiel. Je t’encourage à poursuivre