« Tu ne jugeras point » de Armel Job

Ecrit le 12/12/2011 par manu ()

Denise Desantis est la mère parfaite. Personne ne viendra dire le contraire, il n’y a pas une maman plus attentionnée. Aussi, c’est l’effroi lorsque son petit dernier disparaît pendant qu’elle achète des mouchoirs dans un magasin. Mère de quatre enfants, elle adorait le petit David. Mais pourquoi l’a-t-elle laissé tout seul dans sa poussette devant le commerce ? Personne n’a rien vu et, dans cette petite ville belge qui n’a pas oublié l’affaire Dutroux, la colère gronde et la population attend qu’un monstre soit enfin arrêté.
Mais le juge Conrad, avec ses manières simples mais fermes, doute rapidement de la mère.

J’avais lu plusieurs bons avis sur ce roman et comme je ne connaissais pas encore cet auteur, je me suis dit que ça serait une bonne entrée en matière. J’ai été un peu désarçonnée par ce récit. D’un côté, j’ai eu l’impression de lire un texte anachronique, si je puis dire. Je m’explique. L’histoire se passe à l’heure actuelle et s’ancre dans l’actualité par de nombreuses allusions aux faits divers récents comme par exemple l’affaire Dutroux. Et pourtant, j’ai eu l’impression d’être plongée dans les années 50 ou 60. Aucune évocation n’est faite à un quelconque objet technologique, si ce n’est la télévision. Pas d’ordinateur, pas de téléphone portable, pas de gsm, … Le type de commerces présents dans la ville évoquent plus le passé que les années 2000 et les méthodes d’enquête semblent surannées. J’ai d’ailleurs souvent eu le sentiment de lire du Simenon. Pas que cela me dérange mais cela m’a quand même perturbée. Le juge Conrad m’a d’ailleurs souvent fait penser à Maigret, sauf que ce n’était pas sa femme qui l’occupait mais sa mère mourante.

A côté de cela, je dois reconnaître que Armel Job réussit une excellente étude psychologique de ses personnages. Car malgré le résumé et mon analogie avec Simenon, il n’est pas du tout question ici d’un roman policier mais bien psychologie. Et cet aspect est brillamment mené d’une main de maître par un écrivain qui assemble son puzzle petit à petit, amenant le lecteur vers un dénouement inattendu et surprenant. Au travers de Denise et de la mère du juge, la figure maternelle en prend un coup pour retrouver ses lettres de noblesse à la fin. Mais plus que ça, l’auteur analyse la complexité des liens familiaux.

J’ai aussi apprécié la couleur locale, qui se sent dans le phrasé de l’auteur, au détour des mots jusque dans le choix du vocabulaire. Un roman dans lequel on reconnaît la campagne belge, les petites villes où tout le monde se connaît, où le maire s’appelle un bourgmestre et le journal La libre Belgique.

Un roman magistral qui plonge au coeur d’une famille modeste mais fière, qui dénoue les fils psychologiques à l’oeuvre dans une ville où un drame se joue autour d’un enfant et montre les rouages de la justice et de la presse.

D’autres avis : Ys

Un cinquième auteur pour le challenge littérature belge de Reka (challenge réussi ! )

Une nouvelle participation aussi au challenge de Kathel

 

 

Related Posts with Thumbnails

Flux RSS des commentaires

Il y a 46 commentaires sur ce billet

  1. Nahe dit :

    J’ai failli l’emprunter il y a peu, c’est un auteur que j’aime bien. Ce sera pour la prochaine fois !

  2. Ys dit :

    Ah oui, c’était bien, j’y ai vraiment cru à cette piste sur laquelle il nous entraine. L’ambiance est surannée, tu as raison, mais ça ne m’a pas gênée.

  3. Cynthia dit :

    Tiens, justement la couverture n’est pas vraiment moderne non plus. Peut-être que cette ambiance était voulue ?
    Conrad, Conerotte, la ressemblance est troublante…
    Je le garde dans un coin de ma LAL ;)

  4. DeL dit :

    Je connais cet auteur de nom, mais je n’ai jamais eu l’occasion de lire un de ses romans. Le challenge littérature belge m’en donne l’occasion ! Je note le titre. Merci ;)

  5. Aifelle dit :

    Je ne connais pas du tout l’auteur, je note, j’aime bien les romans psychologiques.

  6. Mango dit :

    Je découvre aussi mais je viens de lire le billet de Ys et toutes les deux associées, vous m’avez convaincue de lire ce roman.

  7. Reka dit :

    Yénou ! Bouclage de challenge 2 ans avant la fin… Bravo ! ;)
    Je n’ai jamais été tentée par ce livre à cause de sa couverture, mais je me dis qu’il pourrait bien me plaire (étude psychologique des personnages).

    • manu dit :

      Mais je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin, le gros belge peut lire 5 auteurs ou plus ;-)
      Je ne sais pas si ça te plaira, tu es impossible à cerner en littérature pour moi :-D

  8. keisha dit :

    Tiens, mais j’ai lu un auteur belge (bah je ne m’inscris pas aux challenges, alors…)
    Je me souviens du billet d’ys.

  9. Nathalie dit :

    C’est vrai que l’ambiance est très étrange, très « vieillotte ». Je ne l’avais pas noté dans ma chronique mais maintenant que tu le dis, c’est un des aspects essentiels de ce livre.

  10. choupynette dit :

    voilà un billet ma foi excellent… qui donne très envie de lire ce roman!!

  11. niki dit :

    peut-être que je te l’emprunterai un jour ;)

  12. Ton billet me donne très envie de lire (même sans faire le challenge). Je note.

  13. anjelica dit :

    C’est si complexe les liens familiaux. bises Manu :)

  14. Lilibook dit :

    Ah bah je n’avais encore jamais entendu parler de ce livre. Comme quoi on fait des découvertes tous les jours ;-)

  15. Leiloona dit :

    Le début me fait froid dans le dos ! Mais pourquoi pas, je ne connais pas cet auteur ! ;)

  16. Theoma dit :

    un tel billet, ça fait forcément très envie !

  17. Anne dit :

    Je crois avoir lu Helena Vaneck (c’est bien de lui, n’est-ce pas ?) J’avais bien aimé. J’aimerais connaître davantage, donc je note !

  18. Noann dit :

    Je regrette de vous le dire, mais vous êtes à côté de la plaque

    L’environnement est très mal décrit. Je connais bien ces lieux et je ne les ai absolument pas reconnus dans le livre de Job (pas d’allusion biblique)

    L’histoire n’a rien d’original et fait trop d’emprunts à l’actualité.

    La toile de fond est mal écrite. La ville de Liège sabotée, le milieu de la justice très peu convaincant

    Un ratage complet.

    • manu dit :

      Pourquoi regretter ? Vous avez le droit de donner votre avis mais de là à penser que vous détenez la vérité. Je ne connais pas le lieu décrit, j’ai parlé de couleur locale. Cela m’indiffère que l’on ne le reconnaisse pas ou que la ville de Liège soit sabotée (si vous le dites)
      Pour le reste, chacun son avis et son ressenti. Heureusement que tout le monde n’a pas les mêmes goûts, le monde serait si triste !

  19. Une histoire qui semble originale et tu as réussi à me tenter. Je le note pour l’ajouter à ma LAL.

  20. Sybille dit :

    ça doit être le genre de livre assez prenant, qui ne laisse pas indifférent, le genre de livre que j’aime quoi !

  21. Dominique dit :

    Un auteur que je ne connais pas et c’est tentant même si le sujet …brrrr

  22. Géraldine dit :

    Pourquoi pas !
    Concernant l’anachronisme que tu évoques, je trouve déjà que la couv ne fait pas très actuelle !!!

  23. sybilline dit :

    Allez hop dans ma PAL! Comme tu en parles, il me tente grandement !

Laisser un commentaire sur cet article

Theme FREEmium modifié par WebDevCat